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A. RÆDER
sentement des parties 1 ; par les mots « assemblée du conseil des Hel
lènes » on veut sans doute désigner les envoyés réunis à Corinthe
des alliés helléniques de Philippe. Le peuple argien juge donc
comme le tribunal d’arbitrage établi par Philippe en son propre nom.
La voie que Philippe avait indiquée fut plus tard suivie par
les Romains. Nous rencontrons le premier cas lorsque Gaius
Sulpicius Gallus, qui en l’an 165 avait reçu la mission de juger
entre Sparte et Mégalopolis, nomma à sa place l’Achéen Callicrate
comme juge 2 . Le récit de Pausanias 3 nous montre que ceci éveilla
une certaine attention dans l’Hellade ; Pausanias pense que cette
décision témoignait d’un manque de considération pour l’Hellade
de la part de Gallus ; il est impossible de l’admettre cependant ;
mais on doit avoir trouvé assez inhabituel de renvoyer ainsi l’affaire.
On ne le faisait pas quand un particulier était pris comme juge ;
on doit donc admettre que le choix était personnel. On ne con
naissait ce cas que lorsque le juge choisi était un chef d’état. Mais
Gallus en cette circonstance s’est sans doute considéré comme
n’ayant pas été choisi arbitre en qualité de particulier, mais en
qualité de représentant du gouvernement romain.
Du reste ce cas concorde avec la pratique que nous voyons
souvent suivie par le Sénat romain quand des états helléniques
le choisissaient comme juge dans leurs différends réciproques, et
qui consistait à transmettre à d’autres la mission de juger l’affaire.
En 155 le Sénat chargea la ville de Sicyone de juger le différend
d’Athènes et d’Orope 4 . En 143 la ville de Mylase est nommée de
la même manière pour juger entre Magnésie et Priène 5 ; à cette
occasion le Sénat transmit au préteur en exercice le soin de traiter
avec les parties et de nommer comme arbitre la ville sur laquelle
celles-ci tomberaient d’accord ; si l’on ne pouvait obtenir l’unité de
vues, le préteur devrait désigner lui-même une ville. Peu après
1 Dittenberger S* n° 428 : "Exptve ó bápos ó tg>v ’Apyeícov xatà tò òóxqpa toß
ouvebpíoi) xcòv ‘EAXávcov ójuoAoyr\ôávTa)v MaAícov xat KipooAícov. — 2 n° XXVII, 2. —
» VII, 11, 2. - 4 n° LVI. - 5 n° LXXIII.