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l’ALLEMAGNE ÉCONOMIQUE.
changements,n’avaient pas moins conservé beancoup
trop leur caractère originaire, conforme sans doute
aux moyens d’échanges, aux vues, aux conditions du
temps où elles avaient été prises, mais par là même
iiisuflisainment approprié aux besoins du commerce
et aux exigences des temps nouveaux. Il y avait
d’ailleurs longtemps déjà que la nécessité d’une
transformation de la législation fédérale avait été
universellement reconnue, et qu’il y aurait été fait
face, si l’organisation vicieuse du Zollverein et la
discorde qui s’était mise dans les rangs de ses mem
bre, à partir de 1851, n’avaient refoulé dans des
perspectives lointaines l’exécution d’une œuvre aussi
difficile. Mais la reconstitution récente du Zollverein
dans des conditions meilleures ayant augmenté les
chances de succès, on vit tout d’abord le monde des
commerçants s’emparer de la question, qui les inté
ressait en effet au premier chef. C’est ainsi que le
commerce de Kœnigsberg fut amené en 1868 à la
traiter dans un mémoire approfondi, qui formulait
avec tous les développements et toute la précision
désirables les desiderata, suggérés par le point de
vue mercantile. Et, bien que quelques-uns de ces
vœux dépassassent la mesure, dans laquelle on pou
vait espérer rallier plusieurs des gouvernements
associés, dont la fibre fiscale s’émouvait trop facile
ment, l’impulsion reçue fut si puissante et avec
cela l’urgence d’une réforme était si grande et si
notoire, que l’agitation ne pouvait tarder à se ré-