LE HAUT PRIX DES LINGOTS. m
once d’or vaut seulement 15 1/2 onces d’argent sur le marché, et
comme 15 1/2 onces d’argent équivalent en poids à 80 shillings, et
donnent par le monnayage le même nombre de pièces, une once d’or
ne se vendrait jamais au-dessus de 4 1.
Ceux-là qui soutiennent que l’argent est la mesure de la valeur ne
sauraient donc pas prouver qu’une demande d’or, quelle qu’en soit
la cause ou l’importance, a pu élever le prix de ce métal au-dessus
de 4 livres l’once. Tout ce qui excédera cette somme devra nécessaire
ment, d’après leurs propres principes, se traduire en une dépréciation
de la valeur des bank-notes. Il en résulte que si les billets de ban
que sont le signe représentatif du coin d’argent, une once d’or qui
achète actuellement 4 1. 10s., achète une somme de billets représen
tant 17 1/2 onces d’argent, tandis que sur le marché des lingots elle
ne s’échange que contre 15 onces 1/2. Quinze onces et demie de mon
naie d’argent sont donc une Valeur égale à une obligation, signée
par la banque, de payer au porteur dix-sept onces et demie.
T e prix de marché de l’argent évalué en billets de banque, est au •
jourd’hui de 5 8. 9 1/2 d. l’once; le prix à la monnaie est seulement
de 5 s. 2 d. Conséquemment l’argent, au titre contenu dans 100 1.
vaut plus de 112 1. en billets de banque.
Mais, dira-t-on, les billets de banque sont les représentants de
notre coin d’argent dégradé et non de l’argent au titre. Ceci est faux,
(ar une loi, déjà citée, ne confie à l’argent le rôle de monnaie lé
gale que pour des sommes qui ne dépassent jamais 25 1., si ce n’est
au poids. Si la banque insistait pour payer le porteur d’un billet
de banque de 1000 1. en pièces d’argent, elle contracterait l’obliga
tion de lui donner de l’argent au titre et au poids ofliciels, ou une va
leur égale en argent altéré. Elle conserverait seulement le droit de
payer 25 1. en numéraire avili; mais les 1000 1. st. ainsi composées
de 975 1. de monnaie pure et de 251. de monnaie altérée, valent plus
de 1112 1. au taux actuel des lingots d’argent sur le marché.
On prétend que le montant des billets de llanque a été, dans son
développement, en rapport direct avec l’extension de notre commerce,
et ne peut être dès lors excessif. Il serait diflicile de démontrer
cette assertion ; et quand elle serait vraie, on n’en pourrait extraire
que des arguments illusoires. Et d’abord les progrès journaliers,
que des méthodes perfectionnées nous permettent de faire dans l’art
d économiser les agents monétaires, rendraient excessive la quan
tité de billets de banque qui n’était que nécessaire pour le même
commerce à des époques antérieures ; secondement, il s’établit une