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REPONSE AUX OBSERVATIONS DE M. BOSANQUET.
dans le cas où le change avec tons les pays lui serait également
défavorable. Elle pourra emporter du nord les lingots qu’elle ex
porte au sud. Elle pourra les puiser dans les pays où ils sont rela
tivement abondants, pour les verser sur les marchés où ils sont rela
tivement rares, ou qui, pour une cause spéciale, en fout une demande
importante. Mais il n’en résulte nullement comme conséquence irré-
lutable que la réserve de monnaie doive fléchir au-dessous du niveau
naturel. L’Espagne, par exemple , qui est le pays importateur
des lingots d’Amérique, ne peut jamais avoir un change défavorable
avec les colonies ; et comme elle doit répartir les lingots qu elle
reçoit parmi les différentes nations du globe, elle n’a que rare
ment un change favorable avec les pays qui se partagent son com
merce*.
Appliquant donc ces principes à l’état de notre change avec
Hambourg en 1797 et 1798, nous remarquerons que ce n’est pas sous
l’influence de ce qu’on nomme usuellement la balance du ^commerce
qu’il est resté constamment favorable à l’Angleterre. Ce n’est pas non
plus parce que les commerçants de Hambourg se sont vus obligés
de liquider leurs importations et de nous couvrir en lingots d’or
tit d’argent, mais bien parce que la demande extraordinaire qu’on en
faisait en Angleterre, rendait l’exportation de l’or aussi avantageuse
que celle de toute autre marchandise. Celte demande procédait de
deux causes. Premièrement, de l’exiguité de notre circulation moné
taire ; deuxièmement de l’argent que dirigeait sur l’Asie la Compagnie
des Indes Orientales.
ha première de ces causes jointe à l’immense quantité de guinées
que des pei*sonnes craintives retirèrent alors de la circulation dans
le but de thésauriser, eut pour résultat,nous l’avons déjà vu, de
faire frapper eu guinées une masse d’or étranger que l’on peut
évaluer, pendant ces quelques années, à une somme de ¿,200,0001.
C.e fut là une demande sans précédents encore dans l’histoire de
la monnaie, et dont l’importance seule suffit à expliquer l’élévation
du change et le temps pendant lequel elle se perpétua. iNous y
trouvons la consécration pratique d’une théorie très-satisfaisante
déjà.
* M. lluskisson a laissé un habile commentaire sur la rareté (rareté compa
rative) des opérations sur les lingots. — Il a remarqué que ces transactions se
réduisent principalement à distribuer les produits des mines parmi les différents
pays où l’or et l’argent sont en usage