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OEUVRES DIVERSES.
pour les dépenses qu’il a consacrées à produire le blé et à le trans
porter sur nos marchés. »
SECTION VIH.
Exanu‘11 du projet conçu dans le but de prêter de l'argent à bas intérêt aux
spéculateurs sur les blés.
Le comité indique, dans son rapport, la part qu’eut dans scs dé
cisions le principe « d’après lequel on doit laisser les marchandises
s’équilibrer elles-mêmes, et se conformer aux lois de l’offre et de la
demande. » Dominé par ce précepte, il renonça à engager le gou
vernement à acheter de grandes quantités de blé pour les revendre
à une époque de hausse. C’est là un des beaux résultats obtenus
en économie publique. Mais comment le comité n’a-t-il pas renoncé
aussi à celte recommandation dans laquelle il conseille au gou
vernement de prêter de l’argent à bas intérêt, à des spéculateurs
qui achèteraient le blé au dessous de 60 s. le quarter, pour le dé
poser dans les entrepôts.
Ces avances pécuniaires, faites à un taux inférieur et pour une
échéance de douze mois, si les intéressés le désirent, n’auront elles
pas pour effet d’altérer {'equilibre de la marchandise et de réagir sur
les proportions de V offre et de la demande?
Si la ténuité du prix des blés dépend d’une abondance générale cl
non d’un encombrement momentané, produit par la détresse des fer
miers, le remède que l’on propose ne fera qu’augmenter les dillicullcs
de la situation. En effet, dans toutes les circonstances où le marche
surabonde, avant d’arriver au moment où l’équilibre doit se rétablir
entre l’offre çtla demande, et où les prix reprendront un taux légitime,
nous avons à traverser une période signalée par des prix avilis et par
la consommation additionnelle qui en est toujours le résultat. L’en
couragement accordé à l’accumulation du blé, pendant un an, pourra
sans doute retarder la date de l’encombrement, mais il ne le prévien
dra pas.
Quant aux circonstances où les fermiers, alarmés ou appauvris, ver
seraient sur les marchés de trop grandes quantités de blé et prépare
raient ainsi la disette jusqu’au jour de la récolte nouvelle, je ferai ob
server que les spéculateurs privés, doués de celte promptitude (l‘‘
coup d’oeil que donne l’intérêt, seront plus a¡)tes que le gouverne
ment à apprécier les besoins de la consommation. Il ne niamjuc pa^