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DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE. 1
lui donnerait, et d aller un jour à la ville offrir sa provision pour un
zwanzig.
— À quoi me sert, se dit-il, d’avoir un peu de lard dans 1 estomac, si
cet hiver je dois geler de froid?
L’automne venu, l’oncle de Mirko, ayant recueilli une quantité de lard
suffisante, pria une petite fille de son village de le conduire à la ville voisine.
Le vieux guslar se réjouissait d’avance comme un enfant de revenir avec
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Mirko, le « neveu du pendu ».
son zwanzig dans le creux de la main. La jolie pièce blanche prenait dans
son imagination les proportions grandioses et brillantes d’un ducat d’or. Le
zwanzig était pour lui le premier mot de la richesse, quoique les héros de
ses chants roulassent tous sur l’or et jetassent les ducats à pleines mains.
Et il sentait déjà sur ses épaules sa dalmatique toute neuve qui tenait son
dos au chaud, et il se riait dans sa barbe des rafales de neige et de pluie.
— Sommes-nous encore loin de la ville ? demandait-il à chaque instant
à la petite fille.
Ils étaient en vue du clocher de l'église, quand ils rencontrèrent un jeune
homme des Confins qui leur demanda où ils allaient si vite.
— Je vais vendre la provision de lard que j’ai là, répondit 1 aveugle < n
montrant sa « torha » à la poche rebondie et nouée avec des ficelles.
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