Full text : La Hongrie de l'Adriatique au Danube

—

16

DE  L’ADRIATIQUE  AU  DANUBE.

121

—  Ma  fille,  me  dit  M.  X...
Je  me  levai  et  lui  présentai  mes  hommages.
Il  y  avait  chez  cette  charmante  enfant  un  délicieux  mélange  du  type  français ­
  et  du  type  italien  (M.  X...  a  épousé  une  Italienne).  Figurez-vous  une  tête

noirs  comme  le  jais,  ombrés  de  longs  cils  projetant  une  ombre  légère  sur
des  joues  roses  et  veloutées;  des  dents  aussi  éblouissantes  de  blancheur  que

parisienne.  Elle  nous  versa  elle-même,  avec  une  grâce  naïve,  du  slivovitza,
qu’elle  vint  ensuite  nous  présenter.
Le  slivovitza  se  boit  généralement  avant  le  repas;  c’est  l’absinthe  slave,
avec  T  abrutissement  en  moins.  Le  résidu  des  prunes  qui  servent  à  faire  le

et  souvent  elle  ne  se  marie  qu’en  vue  de  ce  privilège.  On  vend  cette  eau-des

  installent  chaque  dimanche  derrière  des  tables  improvisées,  avec  cinq  ou
six  bouteilles  de  raki,  et  les  femmes,  à  l’entrée  et  à  la  sortie  de  la  messe,  en
absorbent  de  grands  verres  tout  d’un  trait.
On  annonça  que  le  diner  était  servi.
Nous  entrâmes  dans  la  salle  â  manger  au  moment  où  deux  servantes
croates  apportaient,  sous  les  yeux  de  l’intendante  italienne  du  château,
l'une  le  potage  fumant,  et  l’autre  un  pain  énorme.
—  Si  vous  étiez  dans  une  maison  croate,  me  dit  M.  X...,  vous  entendriez
les  convives  parler  â  la  fois  latin,  slave,  français,  allemand  et  italien.  Avant
de  commencer  le  repas,  le  maître  de  la  maison  vous  offrirait  le  bilicum,
c’est-à-dire  le  verre  de  h  hospitalité.  C’est  le  plus  grand  de  la  maison.  Et
après  le  potage,  le  chef  de  la  famille  se  lève  pour  porter  la  santé  de  son  hôte
et  se  féliciter  de  le  voir  à  son  foyer  ;  il  lui  ouvre  sa  maison  pour  toujours.
«  Ma  maison,  dit-il,  est  à  vous;  dans  quelque  circonstance  que  ce  soit,  \ous

fine  et  rêveuse,  coiffée  d’admirables  cheveux  d’un  ton  d’ébène  ;  des  yeux

les  lèvres  étaient  roses  de  santé.  Sa  taille  svelte  avait  une  élégance  toute

slivovitza  est  employé  pour  la  fabrication  du  raki.  Le  raki  est  du  slivovitza
populaire.  Une  fois  mariée,  la  paysanne  croate  a  le  droit  de  boire  du  raki,

La  tille  de  notre  hôte.

vie  de  bas  étage  jusque  devant  la  porte  des  églises.  Des  marchandes
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.