Full text : La Hongrie de l'Adriatique au Danube

DE  L’ADRIATIQUE  AU  DANUBE.

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dirait  qu’elles  ont  été  composées  par  des  poètes  grecs,  par  quelque  Anacréon ­
  rustique  dont  «  les  vers  sont  doux  comme  le  nectar  »  ,  ou  par
des  imitateurs  de  Lucile  et  de  Nicarque,  les  spirituels  poètes  des  épigrammes
  comiques.
Écoutez  ce  chant  sur  le  rossignol  :
«  Si  vous  aviez  entendu  le  rossignol!  —  Comme  il  chantait  gracieusement, ­
  là-bas,  dans  le  bocage  vert!  —  Là-bas,  dans  le  bocage  vert,  sous  les
souples  rameaux.
«  Trois  chasseurs  apparurent  tout  à  coup  —-  Qui  s’emparèrent  du  pauvre
rossignol.  —  L’oiseau  implore  en  vain  les  chasseurs  :  —  «  Ne  me  tuez  pas,
«  leur  dit-il,  ô  chasseurs!
«  Ne  me  tuez  pas,  —  Je  vous  chanterai  une  si  belle  chanson  —  Dans
«  le  jardin  vert,  —  Une  chanson  si  belle  sur  le  rosier  rose  !  »
«  Mais  les  cruels  chasseurs  le  prennent  ;  —  Ils  emportent  le  pauvre
oiseau  ;  —  Ils  T  enferment  dans  une  cage  —  Pour  amuser  leur  sœur.
«  Le  rossignol  ne  veut  plus  chanter.  —  Il  se  tait  et  penche  sa  petite
tête  ;  —  Les  chasseurs  le  reprennent  —  Et  le  portent  dans  le  jardin.
«  Alors  le  rossignol  commence  ainsi  :  —  «  Malheur  !  trois  fois  malheur
«  —  à  l’ami  sans  ami  —  au  rossignol  sans  bocage  !  »
Voici  la  chanson  de  la  Belle  Fileuse  :
«  Le  soir,  les  Ilienses  filaient.  —  Dites  laquelle  filait  le  mieux.  —  Rosa,
1  aimable  enfant,  est  la  plus  habile,  —  Et  sa  renommée  parvint  jusqu’au
Tzar,  —  Et  le  Tzar  lui  envoya  une  botte  de  lin.
«  —  Rosa,  voici  une  botte  de  lin.  —  File-moi  de  ce  lin  une  tente,  Rosa.
“  —  Et  ce  qu’il  t’en  restera  —  File-t’en  une  robe  de  noce  —  Dont  tu
«  te  revêtiras  pour  paraître  à  ma  cour...  »
«  Plus  avisée  que  le  Tzar  était  Rosa.  —Elle  tira  le  ressort  de  sa  navette,
—  De  la  navette  à  tisser,  et  T  envoya  au  Tzar.  —  «  Tzar,  voici  F  aiguille  de
«  ma  navette,  —  Fais-moi  de  cela  un  métier  à  tisser;  —  Et  de  ce  qu  il
«  te  restera,  fais-toi  bâtir  un  palais  —  Dans  lequel  je  viendrai  revêtue
«  de  ma  robe  de  noce...  »
Et  ces  couplets  encore  :
«  —  Une  jeune  fille  criait  un  jour  à  son  frère  :  —  «  Viens,  frère,  au  doux
“  soleil  !  —  Viens  nous  chauffer  aux  rayons  du  soleil  —  Et  voir  le  magni-«
  fique  cortège  qui  s’avance  !  —  Regarde!  Gomme  les  gens  de  ce  cortège
“  de  noce  sont  parés  de  fleurs  !  —  Bonheur  au  toit  sous  lequel  ils  se  ren-
            
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