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LA HONGRIE
« dent! Mais quelle maison attend ces joyeux convives? — Le sais-tu? —
« Quelle mère doit distribuer les présents? — Quel père boira avec eux
« le vin des accordailles? — Et quelle vierge enfin prendra place au mi-
« lieu du cortège? »
« Le frère répondit à sa sœur : — « Petite sœur, ob ! réjouis-toi de leur
« joie! — Notre maison est celle qui attend les convives. — C’est notre
« mère qui doit distribuer les présents. — Je suis le frère fortuné qui
« doit boire avec eux, — Et toi, petite sœur, tu es la vierge qu’ils vien-
« nent chercher. »
Une de ces chansons, qui date de 1 occupation française, est encore
chantée aujourd’hui par les jeunes filles :
« Mitrowitza est sur les bords de la Save. — Là, les vierges de Mitro-
witza, pensives — S’asseyent et disent : « — O Français ! ô puissant empe-
« reur! — Laisse-nous donc des garçons! — Toutes nous restons filles! »
Les chants que les femmes improvisent autour du cercueil d’un parent
défunt sont aussi tendres que gracieux :
Elles plaignent le sort et le malheur de la famille, elles chantent les
vertus du défunt ou la beauté de la défunte. Il faut entendre les sœurs
pleurer lçur sœur :
« — Elle était belle comme une fée. — Sa taille était haute et svelte
comme un jeune sapin, — Ses joues blanches et roses comme si elles
eussent gardé les teintes délicates de l’aurore. — Ses yeux étaient deux
perles précieuses, — Ses sourcils longs et minces comme des sangsues
marines. — Ses paupières, aux cils noirs, ressemblaient aux ailes de l’hi
rondelle. — Ses petites dents : deux rangées de perles; — Sa bouche
mignonnej une boîte à sucre. — Quand elle parlait, on entendait la tour
terelle gémir. — Et quand elle riait, c’était le soleil qui rayonnait ! ,,
Du jour de la mort au jour des obsèques, les femmes ne cessent de
chanter leui douleur. Api ès la ceremonie fúnebre dans la maison du
défunt, qui se fait a\ec 1 accompagnement d une musique, un repas réunit
tous ceux qui ont pris part à 1 enterrement. On donne encore dans le cou
rant de l’année trois grands repas en l’honneur du mort. Le village tout
entier est invité au dernier, qui a lieu à la tombée de la nuit. Le paysan
est souvent obligé de vendre une vache pour étancher dignement la soif
de ses hôtes. Quand ce sont des fils qui ont perdu leur père, pendant plu
sieurs jours ils sortent la tête découverte. Autrefois, chez les Serbes, si de