Full text : La Hongrie de l'Adriatique au Danube

130

LA  HONGRIE

«  dent!  Mais  quelle  maison  attend  ces  joyeux  convives?  —  Le  sais-tu?  —
«  Quelle  mère  doit  distribuer  les  présents?  —  Quel  père  boira  avec  eux
«  le  vin  des  accordailles?  —  Et  quelle  vierge  enfin  prendra  place  au  mi-«
  lieu  du  cortège?  »
«  Le  frère  répondit  à  sa  sœur  :  —  «  Petite  sœur,  ob  !  réjouis-toi  de  leur
«  joie!  —  Notre  maison  est  celle  qui  attend  les  convives.  —  C’est  notre
«  mère  qui  doit  distribuer  les  présents.  —  Je  suis  le  frère  fortuné  qui
«  doit  boire  avec  eux,  —  Et  toi,  petite  sœur,  tu  es  la  vierge  qu’ils  vien-«
  nent  chercher.  »
Une  de  ces  chansons,  qui  date  de  1  occupation  française,  est  encore
chantée  aujourd’hui  par  les  jeunes  filles  :
«  Mitrowitza  est  sur  les  bords  de  la  Save.  —  Là,  les  vierges  de  Mitrowitza,
  pensives  —  S’asseyent  et  disent  :  «  —  O  Français  !  ô  puissant  empe-«
  reur!  —  Laisse-nous  donc  des  garçons!  —  Toutes  nous  restons  filles!  »
Les  chants  que  les  femmes  improvisent  autour  du  cercueil  d’un  parent
défunt  sont  aussi  tendres  que  gracieux  :
Elles  plaignent  le  sort  et  le  malheur  de  la  famille,  elles  chantent  les
vertus  du  défunt  ou  la  beauté  de  la  défunte.  Il  faut  entendre  les  sœurs
pleurer  lçur  sœur  :
«  —  Elle  était  belle  comme  une  fée.  —  Sa  taille  était  haute  et  svelte
comme  un  jeune  sapin,  —  Ses  joues  blanches  et  roses  comme  si  elles
eussent  gardé  les  teintes  délicates  de  l’aurore.  —  Ses  yeux  étaient  deux
perles  précieuses,  —  Ses  sourcils  longs  et  minces  comme  des  sangsues
marines.  —  Ses  paupières,  aux  cils  noirs,  ressemblaient  aux  ailes  de  l’hirondelle. ­
  —  Ses  petites  dents  :  deux  rangées  de  perles;  —  Sa  bouche
mignonnej  une  boîte  à  sucre.  —  Quand  elle  parlait,  on  entendait  la  tourterelle ­
  gémir.  —  Et  quand  elle  riait,  c’était  le  soleil  qui  rayonnait  !  ,,
Du  jour  de  la  mort  au  jour  des  obsèques,  les  femmes  ne  cessent  de
chanter  leui  douleur.  Api  ès  la  ceremonie  fúnebre  dans  la  maison  du
défunt,  qui  se  fait  a\ec  1  accompagnement  d  une  musique,  un  repas  réunit
tous  ceux  qui  ont  pris  part  à  1  enterrement.  On  donne  encore  dans  le  courant ­
  de  l’année  trois  grands  repas  en  l’honneur  du  mort.  Le  village  tout
entier  est  invité  au  dernier,  qui  a  lieu  à  la  tombée  de  la  nuit.  Le  paysan
est  souvent  obligé  de  vendre  une  vache  pour  étancher  dignement  la  soif
de  ses  hôtes.  Quand  ce  sont  des  fils  qui  ont  perdu  leur  père,  pendant  plusieurs ­
  jours  ils  sortent  la  tête  découverte.  Autrefois,  chez  les  Serbes,  si  de
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.