DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE.
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murs étroits qui l’étreignent et qui l’ont empêchée de se développer. Elle
est encore aujourd’hui ce qu elle était au seizième siècle, et offre un aspect
original et imprévu qui contraste avec la ville nouvelle, tirée au cordeau
comme la rue de Rivoli. Le voyage est piquant dans ces rues qui sont
des ruelles sombres, rapides, tortueuses, presque inextricables, italiennes
par leur aspect, leur physionomie, leurs noms et leurs habitants, par la
langue qu’on y parle et la saleté qui y règne.
Là s’arrondissent des voûtes avec un jour de soupirail à leur extrémité;
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Une rue de la vieille ville, à Finnic.
ici s oin rent des arcades effritées par le temps, et qui laissent pendre
des chevelures jaunies d’herbes parasites. Des enfants à demi nus grouil
lent sur le seuil d infects bouges et de noirs taudis, ouverts sur la rue,
et ayant pour tout ameublement une table, un banc et un matelas
eventré étendu a terre. Des vieilles femmes maigres et crasseuses comme
des balais, ridées, dépenaillées, traînant un reste de savates, vont et
viennent d’un mouvement silencieux de fantôme. Le soleil qui raye de
barres jaunes les façades éraflées de quelques maisons, semble recouvrir
leurs vieux murs d’une peau de léopard trouée. Les fenêtres aux vitres