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LA HONGRIE, DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE.
nuages au fond donnant du ciel. Au nord, la forêt de Bakony montre ses
leur immensité nue, leurs plaines sans bornes, où l’âme, comme l'aigle,
peut contempler l’infini, où les hennissements des chevaux sauvages se
mêlent aux cris et aux claquements du fouet des czikos, où des centaines
de bestiaux se précipitent à la même heure vers l’eau des citernes, où le
héron et la cigogne errent sans crainte au bord des marécages moirés de
grands lentisques et couverts d’oiseaux au plumage étincelant; là, dans la
puszta, tout est varié, tout est changeant : le matin s’y montre avec la
grâce d’une blonde jeune fille courant nu-pieds dans la rosée; et, à l’heure
ardente de midi, la tone se ride, s enfle, craque, les herbes pendent flétries
sous les brûlures du soleil.
Comme nous étions encore sur la butte, un prêtre en gants blancs, coiffé
d un large chapeau de paille et suivi d un petit chien, vint nous rejoindre :
c’était le curé de Tihany. Ses paroissiens, peu nombreux, disséminés dans
de pauvres cabanes au bord du lac, sont pêcheurs pour la plupart.
Le Balaton est très-renommé pour ses poissons; le fogas, espèce de
perche colossale qui ne se trouve que dans la « mer hongroise », est sur
vertes et mystérieuses profondeurs, et déroule jusqu à l’horizon les cimes
de ses arbres dentelées comme les vagues d’une mer.
De l’autre côté du lac, au sud, les steppes déploient jusqu’au Danube
Le couvent de Tihanv.