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Ti A HONGRIE
théâtre, tapissées de pampres, émaillées de jolis villages aux maisons gaies
et confortables. La moitié de la population de ces côtes a travaillé au per
cement du canal de Suez et parle français. C’est ici, du reste, que la marine
autrichienne recrute ses meilleurs matelots, et la marine marchande ses
plus habiles capitaines. Des pécheurs de thon, au sommet de leur haute
échelle, surveillent la surface de la mer, trop calme à leur gré; un peu
plus loin, dans des chantiers, on aperçoit les carcasses de grandes embar
cations, pareilles à des monstres antédiluviens reconstruits pour un musée;
le yacht du prince de Liechtenstein, la Ileriha, dont h équipage est de Duc-
cari, esta l’ancre devant la petite ville; le prince de Liechtenstein, l’un des
plus riches propriétaires de la Bohème, a fait sur ce yacht une promenade
Le port de Fiume.
autour du monde. —Les maisons de Buccari, construites en pierre, ont
deux et quelquefois trois étages. A l’intérieur, elles sont décorées avec goût
et avec art d’objets et de souvenirs rapportés de voyages au long cours.
Sur presque toutes les fenêtres, déployant au soleil leurs belles ailes trans
parentes, bariolées comme des éventails japonais, jacassent des perroquets
multicolores, des aras, des perruches vertes. A l’aide de notre lunette
nous découvrons sur la place du port des marchands de fruits, entourés de
montagnes de citrons, de figues et d’abricots. Les abricots de Buccari et de
Segna sont très-recherchés : on en amène de pleines barques à Fiume.
Notre petit vapeur vira de bord, et nous nous mîmes de nouveau à filer
avec une vitesse d’oiseau, du côté de Martinsciça. Quel plaisir c’était pour
nous de naviguer ainsi sous ce beau ciel et sur cette belle mer, au milieu
de ce golfe qui nous rappelait à la fois Naples et Genève! Des vols de
mouettes se balançaient au-dessus de nous comme des guirlandes de roses
blanches. Les rivages des îles et du continent déroulaient autour de nous,
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