L’enseignement est gradué de manière que ces écoles peuvent recevoir les
entants, à partir de l’âge de 7 à 8 ans, quand ils savent déjà lire, écrire, comp
ter, la grammaire et l’orthographe allemandes, ce qui exige souvent cependant
une ou deux années de classes préparatoires, ou en tout huit années d’études;
de sorte qu’un jeune homme peut avoir terminé ces classes à 1 7 ou 18 ans.
Les études littéraires des langues modernes sont très-étendues et com
prennent, pour les classes supérieures, les œuvres des prosateurs et des poètes
allemands, et pour le latin celles des prosateurs seulement.
En allemand, on étudie Lessing, Schiller, Klopstock ; en français, Cor
neille, Racine et quelques-uns de nos auteurs modernes; en anglais, la collection
des classiques anglais de Herrig, quelques pièces de Shakespeare font le sujet
des lectures et des traductions.
Des sujets nombreux de compositions, sur des textes historiques, sont trai
tés dans les trois langues.
L’on peut donner une idée de la solidité de ces études dans l’école d’El h er
leid , par exemple, en citant quelques-uns des sujets de composition traités pal
les élèves de la première classe en 1862-60.
En français : analyse du Cid de Corneille et histoire poétique du Cid. —
Les inventions modernes. — Analyse de la tragédie d’Esther. — Comparaison
entre César et Napoléon. —- Les faits principaux des premiers livres de la
(hierre des Gaules par J. César, etc. etc.
En anglais, On the war now raging in the United-States. — Frederick the
Great. — On the Death of Cesar. — Othello, a tale from Shakespeare, etc.
— A summary account of Louisa, Queen of Prussia, etc.
U n est pas inutile d ajouter que ce sont les mêmes élèves qui doivent trai
ter ces sujets dans l’une ou dans l’autre langue, et nous avons eu la preuve du
succès obtenu en assistant, à Elberfeld, à une leçon de la classe de seconde , où
le professeur a eu 1 obligeance de faire successivement traduire et analyser en
français et en anglais, devant nous, plusieurs fragments d’un ouvrage allemand.
La méthode suivie par ce professeur se rapproche beaucoup de celle de
AL Robertson, et consiste à faire apprendre par cœur des fragments a’une
vingtaine de lignes, puis, avec les mêmes mots, à composer de petites phrases
que l’on traduit alternativement d’une langue dans l’autre. Les élèves, toujours
tenus en éveil par l’interpellation du professeur, sont sans cesse prêts à ré
pondre, et se familiarisent rapidement avec les mots qu’ils se gravent ainsi dans
la mémoire.
L’enseignement du latin, qui ne s’étend, comme nous l’avons dit, qu’aux
prosateurs, prépare les élèves à suivre certains cours des universités où ils