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Jes quatre ou cinq premières se trouvent à peu près partout, s’il n’y a pas d’éta
blissement spécial qui les remplace.
La coordination et la gradation particulières des études offrent presque tou
jours un caractère de méthode remarquable, en ce que la première partie des
études de chaque division spéciale, qui exige une ou deux années, est tellement
réglée qu elle constitue un ensemble de connaissances assez complet pour per
mettre à un jeune homme de s’y arrêter et d’entrer utilement dans les posi
tions secondaires de la carrière qu’il a choisie.
Ainsi, après avoir accompli cette première partie des études, un élève peut
devenir conducteur instruit des ponts et chaussées ou des travaux civils [Werk
meister], entrepreneur de bâtiments [Baumeister], contre-maître ou chef méca
nicien, pharmacien ou chef d’atelier de chimie industrielle, chef mineur, garde-
mines, agent forestier, etc.
Dans plus d’un Etat, l’on impose même aux élèves, après qu’ils sont parvenus
à ce premier degré d’instruction technique, l’obligation d'aller passer un an on
deux sur des chantiers de travaux, dans des ateliers, dans des fabriques, avant
de reprendre la suite de leurs études.
Cette \ec^\<L y qui offre 1 inconvénient d interrompre les études et d’exposer
beaucoup d’élèves à en oublier une partie, a, d’un autre côté, l’avantage de
mûrir leur esprit par la pratique, de leur montrer les conditions de l’appli
cation de la science, et de n’appeler à des études plus fortes que ceux qui en
ont réellement la vocation. Elle n’est d ailleurs praticable que dans les conditions
d’externat libre, où se trouvent tous les élèves eu Allemagne, et pour des car
rières où ils n’y a pas de limite d’âge.
OBSERVATIONS SUR L’EXTERNAT.
L’on sait qu’eu Allemagne l’usage général des établissements d instruction
est de n’admettre que des élèves externes. Les jeunes gens étrangers aux villes
où sont situés ces établissements trouvent chez quelques professeurs ou chez
des habitants connus des pensions où ils sont logés et nourris à des prix con
venables et proportionnés à leurs ressources. Ce système a pour la jeunesse ses
avantages et ses inconvénients. Il conserve pour les élèves de la ville l’influence
et l’action de la famille, et les habitue de bonne heure à suivre la route du
devoir; pour les élèves étrangers il n’a plus le même avantage et présente le
danger de la dissipation; mais un bon choix de correspondants peut y remé
dier, et les communications par les chemins de fer sont si faciles aujourd'hui,
qu’un jeune homme est rarement tout à fait isolé de sa famille.
Il ne faudrait pas croire, d’ailleurs, que la discipline exercée sur ces élèves