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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
relativement humide le sol se couvre d’une sorte de pâtu
rage qui est d’autant plus abondant que les collines sont
plus hautes ; ces herbages sont plus rares lorsque l’année
est exceptionnellement sèche ; le plus souvent ils couvrent
d’un vert tapis toute la pente des collines où se nour
rissent de nombreux troupeaux venus de la Sierra et des
vallées adjacentes.
Dans certains ravins de cette chaîne il y a de l’eau cou
rante pendant quelques semaines, quand cesse la saison
pluvieuse il reste des sources dont l’eau est employée pour
arroser des oliveraies et des champs de luzerne. Les ter
rains cultivés de cette partie des lomas ne dépassent guère
200 hectares.
On pourrait cultiver beaucoup d’autres vallons en les
arrosant à l’aide de pompes, mues par des moulins à vent,
comme cela a été essayé avec succès dans une quebrada.
entre Mollendo et la première station du chemin allant à
Arequipa.
Toutes les rivières ou torrents qui sillonnent la zone de
la Costa roulent peu d’eau malgré leur largeur, pendant
les mois de mai à décembre. En janvier, février, mars et
avril, les eaux produites par les pluies qui tombent dans
la Sierra les convertissent en cours d’eau des plus torren
tueux, impossibles à franchir autrement que sur des ponts
établis de loin en loin.
IY. — Malgré son apparence aride la Costa est la région
la plus peuplée du Pérou, en raison sans doute de son
climat absolument uniforme, et aussi à cause du voisinage
de l’océan. Du reste cette côte, qu’on dit inculte, peut être
transformée en riches plantations de coton et de canne à
sucre, comme l’exemple l’a maintes fois démontré dans
des plaines nues et désolées, où il a suffi d’établir quelques
barrages ou de faire quelques travaux d’irrigation. Sans