LES CHANTIERS FRANÇAIS.
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III. Les chantiers de Nantes.
LE CENTRE NANTAIS.
Nantes était, il y a trente ans, une ville calme et presque
oisive; les descendants des hardis colonisateurs des Antilles
et de l’île Bourbon s’endormaient dans la quiétude d’une
existence exempte du souci des a d'aires ; la Loire s’ensablait
et le port, jadis si llorissani, ne donnait plus abri qu’à de
rares navires. Peu à peu, Nantes descendait la pente ipii
entraîne les cités engourdies vers une irrémédiable déca
dence.
L’initiative de quelques hommes d’intelligence et de vo
lonté vint à point la préserver, en secouant cette torpeur,
d’une chute fatale. Grâce à leurs démarches, à leurs efforts,
à leurs sacrifices, les travaux indispensables au relèvement
du port furent ordonnés ; en 1882, le canal maritime de la
basse Loire, destiné à remplacer, pour la grande navigation,
la section du fleuve qui contient les seuils les plus élevés et
les plus difficiles à entretenir, était commencé ; dix ans
après, le septembre 1892, il était livré à l’exploitation
et, en 1898, il se trouvait complètement terminé.
Le canal a son origine à la Martinière, village situé à
2 kilomètres en aval de Pellerin, et débouche à la sortie du
bras du Carnet, à 7 kilomètres en amont de Paimbœuf. Sa
longueur est de i5,o64 mètres ; sa largeur, au plafond, de
22™,5o et au niveau du plan d’eau normal, de 55 mètres;
son mouillage de G mètres. La dépense occasionnée par les
divers travaux qu’il nécessita s’élevait à la fin de l’année 1899
à 26,648,120 fr. et les crédits alloués pour son entretien
montaient en 1900 à 299,100 fr.