LES CHANTIERS FRANÇAIS. 1^7
riche réçjioii qui l’entoure en retireront un bénéfice inappré
ciable. Les évaluations les plus modérées prévoient, pour
la section projetée, un trafic minimum immédiat de plus de
3oo,ooo tonnes, résultant des arrivages et des expéditions
de ou pour le Maine et l’Anjou, auxquels donne lieu l’acti
vité industrielle de Nantes-Cliantenay, Couëron, Basse-
Indre, Trignac, Saint-Nazaire.
Quant à l’avenir jilus lointain qu’on peut escompter, il
est immense. M. Ilanotaux le dépeignait ainsi dans un dis
cours prononcé en 1898 devant la Société académique de
Nantes :
« La Loire navigable, c’est vingt-huit départements de la
France mis en contact plus direct avec la mer ; c’est une
population de douze millions d’habitants, c’est Lyon, c’est
la Suisse elle-même intéressés à prendre la voie de nos ca
naux et de nos fleuves. Prendre le chemin de la France,
aboutir à Nantes, c’est pour les marchandises du centre de
l’Europe adopter la route la plus courte, la plus commode
et la plus sûre pour gagner l’Atlantique et l’Amériipie. C’est
éviter les brumes et les tempêtes de la Manche d’une part,
le grand détour de Gibraltar de l’autre. Un grand chemin
fluvial a été creusé par la nature. Il suffît de le rendre régu
lier et ¡praticable. »
En prévision du magnifi(¡ue dévelo[)pement (ju’il espère,,
le ¡)ort de Nantes ne cesse de veiller à sa pro¡)re améliora
tion; de grands travaux y sont entre¡)ris, non seulement
pour parer aux besoins actuels, mais en vue de nécessités
ultérieures. La Loire charrie beaucoup d’alluvions ; la mu
nicipalité nantaise et la Chambre de commerce n’ont pas
hésité à dépenser deux millions en dragages. En 1899, près
de 1,600,000 mètres cubes ont été dragués. L’a])prolbndis-
sement du lit fluvial (pii en a été le résultat ¡)ermct aux na
vires de six mètres d’accéder au port [)ar toutes les marées.