I go LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
Les Chantiers de Graville disposent, on le voit, de puis
sants moyens d’action pour construire, lancer et armer les
navires; quant à la fabrication des machines marines desti
nées à ceux-ci; elle s’opère dans les immenses ateliers mé
caniques — dits ateliers Mazeline — que la Société des
Forges et Chantiers possède également au Havre. (Íes ate
liers construisent complètement les appareils de tontes sortes
et de toutes grandeurs destinés aux marines militaires et du
commerce, depuis les types les plus puissants jnsqn’à ceux
des embarcations. La superficie totale des ateliers est de
43,200 mètres carrés, le personnel occupé de i,Goo ouvriers
et employés; tout ce qui a trait à la fabrication de la machine
s’exécute dans les salles de modelage, les fonderies de fer et
de bronze, la forge, l’ajnstage, le montage, les chaudronne
ries de fer et de enivre. Des fours puissants, d’énormes mar
teaux-pilons à vapeur, des ponts roulants qui, accouplés
deux à deux, peuvent lever des pièces de 5o tonnes, de
grosses presses hydrauliques, plus de cent tours à métaux
et de mille machines de tous systèmes, etc., garnissent les
vastes nefs, longues de i3o mètres, où tout un peuple d’ou
vriers travaille. Un système de voie ferrée raccordée spécia
lement au chemin de fer de l’Ouest, dessert les diverses
parties des ateliers, en sorte que les wagons amenés par
l’embranchement peuvent verser directement leur contenu
au magasin général ou dans les ateliers. De même, pour
l’expédition des pièces de machines, les wagons sont amenés
dans l’atelier de montage et chargés au moyen des ponts
roulants qui s’y trouvent.
Les ateliers du Havre ont construit jusqu’à ce jour plus
de 45o,ooo chevaux pour la marine ; leur production s’ac
croît d’année en année. Mais sa cherté, l’encombrement ré
sultant des commandes d’Etat, ne permettent pas d’augui er
qu’ils puissent fournir à bon compte ces cargos économiques