iga LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
vention, l’obligation formelle de ne s’adresser qu’aux chan
tiers français pour ses commandes. Le constructeur prélève
déjà à son profit — M. Duprat l’a démontré — une part
considérable de la prime à la navigation, par suite de la dif
férence de ses prix avec ceux de l’étranger j il l’absorberait
davantage encore pour rattraper sa propre prime ; quant à
l’armateur, sa situation ne changerait pas : il serait demain
aussi tondu qu’hier et resterait sous la même dépendance
étroite de quelques établissements.
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Aurait-il, du moins, l’espoir de trouver un marché plus
abondant de navires dans d’autres centres de constructions
navales, en dehors de Nantes, Saint-Nazaire, Rouen, du
Havre? Il ne le semble pas.
Sur la Méditerranée, les chantiers de La Seyne rentrent plei
nement dans la catégorie des « sous-arsenaux » dont a parlé
M. Bernard. Les constructions militaires étrangère et fran
çaise y priment plus que jamais la production commerciale;
en 1899, sur 9 navires mis en construction ou en réparation
sur les cales de La Seyne, 9 étaient des bâtiments de guerre.
L’avenir peut, il est vrai, modifier cette situation ; les
chantiers de La Seyne ont construit de magnifiques bateaux
de commerce, les transatlantiques la Bourgogne — de triste
mémoire — la Gascogne, le Brésil, l'Italie, la France, le
Cliolon, etc., et de grands voiliers quatre-mâts, pour la mai
son Bordes.
Rien ne leur serait plus facile que de satisfaire à une partie
des besoins de la flotte marchande, si celle-ci les alimentait
uniquement. Mais pour bien des mois encore La Seyne est
assurée de commandes militaires. Les ordres commerciaux
lui seront plutôt une gêne, et si elle les accepte, leur prix
s’en ressentira.