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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
(les syndicats (jroupanl l'aristocratie ouvrière des skilled et
tloni le type très caractéristique, esseutielleineiit imbu de
particularisme corporatif, est précisément fourni par le prin
cipal qroupement des ouvriers des constructions navales,
V Union des hoilerniakers and shipbuilders. Ce modèle de
syndicat — je ne dis pas ce syndicat modèle— se distinque
par sa forte centralisation, la richesse de sa caisse alimentée
par des cotisations élevées, son personnel instruit de fonc
tionnaires salariés ([ui administrent ses intérêts matériels et
moraux avec une intelliqence très remarquable. Préoccupés
surtout de résultats prati(pies, ces unions sont arrivées à une
connaissance parfaite des conditions de leur industrie, des
répercussions diverses de la situation économicjue, en un
mot à une appréciation exacte de tous les éléments qui peu
vent d’une façon ou d’une autre inlluencer le marché du
travail, le taux des salaires. Le secrétaire général, (¡ni est le
fonctionnaire principal de la trade-union, son chef réel,
l’inspirateur de sa politique économique, connaît aussi bien
que n’importe quel chef d’entreprise de son industrie l’état,
les résultats, les besoins, les nécessités de cette dernière ;
c’est comme un patron in partihiis qui, du jour au lende
main, pourrait prendre la place du patron réel et l’occuper
avec autant de compétence, d’habileté et d’intelligence des
véritables intérêts de l’entreprise.
Forte centralisation, particularisme corporatif accentué :
tels sont donc les deux caractères principaux des vieilles
trade-unions que nous trouvons accusés avec une vigueur
toute particulière dans le groupement syndical des ouvriers
de la construction navale anglaise.