Full text : Le problème de la marine marchande

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LE  PROBLÈME  DE  LA  MARINE  MARCHANDE.

société  ainalfjamée  des  mécaniciens  (*)  n’a  pn  s’imposer  à
tons  les  ouvriers  du  métier  de  la  meme  façon  que  la  Société
des  constrnctenrs  de  navires  (Boilermakers  and  iron  steel
Shipbuilders').  Celle-ci,  fondée  en  i832,  comprend  à  pen
près  tous  les  ouvriers  qualifiés  (ironsmiths,  platers,  riveters,
holders  up  et  caulkers)  engagés  dans  la  construction  navale,
dans  tous  les  ports  oii  existe  celle  industrie.  Seuls,  quelques
districts  du  centre  échappent  à  son  iniliience,  à  sa  domination ­
  ;  les  ouvriers  shipbuilders  de  ces  districts  ont  créé
d’autres  associations  plus  ou  moins  nombreuses,  mais  dont
l’importance  ne  peut  à  aucun  titre  se  comparer  à  celle  de
la  toute-puissante  union  des  Boilermakers  and  Shipbuilders. ­
  Celle-ci  a  établi  son  domaine  sur  la  cote  nord-est,
c’est-à-dire  sur  le  point  du  Royaume-Uni  où  est  concentrée
presque  toute  l’activité  de  la  construction  navale.  Et  sur  les
5o,ooo  ouvriers  (pii  travaillent  là,  45,000  environ  sont  affiliés ­
  à  l’union  des  Boilermakers.  Elle  a  véritablement  le  monopole ­
  des  employés  de  l’industrie  maritime.  Avec  raison,
M.  Sydney  Webb  a  pu  dire  qu’elle  comprenait  en  fait  le
corps  entier  des  ouvriers  qualifiés  engagés  dans  celle  industrie. ­

Mais  c’est  à  ces  seuls  ouvriers  qualifiés  que  la  iière  Union
ouvre  ses  rangs.  Avec  une  rigueur  dont  la  sévérité  ne  s’est
jamais  démentie,  elle  a  toujours  refusé  d’accueillir  les  unskilled, ­
  les  ouvriers  qui  n’ont  pas  été  probationers,  tels  les
helpers,  les  hommes  de  peine,  auxiliaires  modestes  qui
aident  le  plater  à  préparer  les  tôles  de  la  carcasse  du  navire.
Nulle  trade-union  n’a  conservé  plus  vivace,  à  ce  point  de

(i)  Vamalgamation  est  le  groupement  sous  une  même  autorité  centrale  de  plusieurs
trade-unions  appartenant  au  môme  métier.  L’existence  de  cette  autorité  centrale  qui  a
un  pouvoir  de  contrôle  et  de  coercition  sur  les  unions  incluses  dans  Y  amalgamation  est
ce  qui  distingue  celle-ci  de  la  Jédération  :  cette  dernière  crée  simplement  un  lien  entre
les  unions  qui  restent  autonomes,  indépendantes,  ayant  la  gestion  de  leurs  fonds  et
appartenant  soit  au  même  métier,  soit  à  des  métiers  similaires.
            
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