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LA QUESTION OUVRIERE. 341
glaise ; l’alcoolisme fait dans ses rangs des ravages considé
rables. Les campagnes entreprises soit par les sociétés de
tempérance, soit par les chefs mêmes du mouvement unio
niste, qui sentent tout le danger de cette alcoolisation crois
sante de leurs troupes, n’ont pas donné de bien grands ré
sultats.
Terminons sur cette constatation : ni au point de vue de
l’habileté professionnelle, ni au point de vue moral, l’ou
vrier français des constructions navales ne trouvera son
maître en l’ouvrier anglais !
Les constatations d’une enquête.
Avant de formuler ce que nous croyons être la solution
raisonnable du problème examiné, rappelons brièvement
et groupons pour une précise* vision d’ensemble, la série
éparse des constatations générales et des conclusions essen
tielles que les investigations de notre enquête ont successi
vement dégagées.
Après bien d’autres, nous avons, non pas découvert — il
y a trop longtemps, hélas ! que cette découverte est faite —
mais constaté une fois de plus une réalité trop indiscutable :
la supériorité de l’industrie anglaise des constructions na
vales sur l’industrie similaire française.
Cette supériorité se manifeste par une série de caractéris
tiques.
leur front, vont au cabaret ou chez le bookmaker le dépenser aussi facilement que s’ils
n’avaient eu aucun mal à le gagner On a dénoncé l’un après l’autre le millionnaire
et le capitaliste comme des ennemis de la classe ouvrière et des adversaires du pro
grès et des réformes que vous souhaitez. Combien est-il plus vrai de dire que le jeu et
l’intempérance sont de plus grands ennemis encore des vrais intérêts des travail
leurs !... Laissez les journaux de courses pour des livres tels que la Richesse des
nations, de Smith, et Progrès et pauvreté, de George. Au lieu de passer dans l’at
mosphère empestée des tripots vos heures de loisir, employez-les à fortifier vos mus
cles par l’exercice physique ou à développer votre intelligence par le travail intellec
tuel, vous deviendrez des citoyens plus utiles, des unionistes plus sincères et des
membres plus respectés de notre grande Société. »