i/effout nécessaire.
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la spéculation qui s’organise à Londres, pour constituer
avec des navires anglais des compagnies d’armement qui
viendront, au lendemain de la loi, opérer, sous le couvert
<le préte-noms, la irancisation de leurs navires et les faire
admettre à la compensation d’armement. Il n’est pas dou
teux que l’un des premiers résultats du projet, si le Parle
ment ne l’amende pas, soit d’amener la formation d’une
Hotte française « fictive ». Il suffit pour s’en convaincre
d’examiner ce qui s’est passé en Espagne ; lorsque, forcée
par la nécessité, notre voisine établit une taxe de guerre sur
les navires, la ¡ilupart des vaisseaux anglais se métamor
phosèrent en vaisseaux espagnols, si bien que la flotte com
merciale de certains ports, de Bilbao par exemple, est en
tièrement anglaise, bien qu’elle batte pavillon espagnol.
Nous aurons aussi une flotte marchande, française de nom,
étraiHjère de fait : l’armement anglais paiera volontiers les
droits relativement minimes de francisation (deux francs
par tonneau de jauge), pour faire naviguer, cette formalité
accomplie, « sous un nom d’emprunt des navires construits
en Angleterre, transportant des marchandises anglaises,
prises dans des ports anglais, conduites dans des ports an-
4)lais, et prenant seulement le contact avec la France pour
passer à la caisse des trésoreries françaises et y toucher la
prime produite par l’impôt français(») ».
Ces francisations seront d’autant plus nombreuses que
la compensation d’armement, telle qu’elle ressort du projet,
est éminemment favorable aux navires étrangers. Quelques
chiffres vont le démontrer.
Voici, par exemple, nn long-courrier de 3,000 tonnes,
faisant 35,000 milles par an. Il coûtera à l’armateur d’achat
sur le chantier — prenons les chiffres mêmes de M. le rap-
(i) Déclaration des négociants en conserves de Nantes.