l’effort nécessaire.
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ou payer le pilotaçje comme s’il l’avait pris(‘). Les pilotes
sont assurés, de cette manière, de percevoir le droit de pilo
tage de tous les bâtiments qui entrent au port de leur station
ou en sortent, à moins qu’ils n’aient pas répondu à l’appel
l'ait à leur concours (-).
Autant il est juste de prendre et de rémunérer le pilote,
quand ses services sont utiles, autant il est peu équitable
d’imposer quand même son intermédiaire en toute circons
tance. Voici, par exemple, un navire qui, desservant une
courte lique régulière, rentre chaque semaine à son port
d’attache, Cette ou Bordeaux. On admettra (pie son cajii-
taine connaît aussi bien que n’importe ipiel pilote l’entrée
d’un port où il pénètre cinquante à soixante lois l’an ! Les
hais de pilotage lui sont cependant toujours imposés. A
Londres, les navires anglais ont un capitaine ou un second
reçu pilote de la Tamise; en France (sauf à Marseille), le
capitaine n’est pas admis à passer cet examen. Bon gré,
mal gré y à chaque voyage, notre navire doit eifectuer les si
gnaux nécessaires pour appeler le pilote, et attendre pa
tiemment ce dernier pour franchir nn passage que le capi
taine connaît comme le fond de sa poche.
La charge qui pèse sur l’armement du chef du pilotage
est assez lourde ; M. Bossut Plichon a dit devant la com
mission extra-parlementaire d’enqnéte que, pour trois petits
navires de i,5oo tonnes, il avait payé, du i" janvii^r au
3i décembre 1897, une somme de 37,170 fr. Ces navires
représentant, suivant leur âge, un capital de 4oo,ooo à
600,000 fr., les frais de pilotage s’élèvent donc en l’espèce
de 6 à 10 p. 100.
L’ensemble des droits annuels payés aux pilotes, dans les
(1) C. Champenois, Les Armements maritimes, librairie Berger-Levrault et C*«, Paris
Nancy.
(2) Une modiflcalion a été apportée à cette règle pour le port de Marseille, par le dé
cret du 3o novembre i885.