(i) Commission extraparlementaire de la marine. Compte rendu de la Commission.
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LE PROBLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
mais aliénés. M. Eslier, dans son rapport (*), le constate en
ces termes :
« D’après les statisticpies de la douane, les navires fran
çais sortant de France ont embarqué en 189G dans les ports
de France, comme provisions de bord, 908,792,000 kilo
grammes de provisions diverses d’une valeur totale de
30,761,000 fr.
«Les navires étrangers n’ont embarqué que 261,607,000
kilogrammes pour une valeur totale de G,8o3,ooo fr.
« Si nous comparons les dépenses faites dans les ports
français au tonnage des marchandises transportées sous
notre pavillon ou sous pavillon étranger, ce qui est l’indice
de la recette faite en France par les navires fré(|ucntant nos
ports, nous trouvons que les navires étrangers qui ont trans
porté, entrée et sortie, 12,918,761 tonnes, ont dépensé en
achat de provisions de bord G,8o3,ooo Ir. soito fr. 61 c. par
tonne transportée.
« Les navires français qui out transporté, entrée et sortie,
4,071,668 tonnes, ont dépensé en achats de provisions de
bord 30,761,000 fr., soit 7 fr. 66 c. par tonne transportée.
«Si donc notre pavillon avait effectué la totalité de nos
transports, c’est une somme supplémentaire de 97,600,000 fr.
qui aurait été conservée à la France sur ce seul chapitre, sur
les 3oo millions de francs que nous payons annuellement
comme fret aux navires étrangers. »
Évidemment, l’hypothèse dn transport exclusif par la ma
rine française des marchandises françaises est irréalisable ;
mais il n’en est pas moins intéressant de souligner cette
nouvelle et fâcheuse conséquence de l’envahissement de nos
ports par la marine étrangère; « 11 a été calculé sur des don
nées précises, dit M. Thierry, rapporteur du budget du com-