L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
Megalopolis aurait été arbitre ; mais que cela ait eu réellement lieu
s’accorderait fort bien avec les circonstances.
LU.
Appius Claudius arbitre entre GNOSSE & GORTYNE.
L’an 184.
Une perpétuelle rivalité divisait les deux capitales de la Crète,
Gnosse au nord et Gortyne au sud, car toutes deux luttaient pour
l’hégémonie de l’île. Une ligue qui précédemment comprenait la
plupart des villes de la Crète avec un tribunal commun pour la so
lution des différends réciproques, fut, du moins en partie, dissoute
à la fin du III e siècle. Au commencement du II e siècle, Gortyne fut
un moment prédominante, et profita de la situation pour affaiblir
Gnosse dans la mesure du possible. C’est ainsi que Gortyne prit
une région à Gnosse et la donna à la ville de Lyttos, une autre fut
donnée à Raukos. 1
En l’an 184 une ambassade romaine dirigée par Appius Claudius
arriva en Crète. Elle convainquit Gnosse et Gortyne de laisser trancner
les différends qui divisaient les deux villes par l’arbitrage d’Appius
Claudius et des ses légats. 2 Par leur jugement Gnosse rentra en
possession de son territoire perdu. Il y avait sans doute aussi des
différends sur la situation de diverses villes vis-à-vis de la Ligue
crétoise. Les arbitres décidèrent par exemple que les villes pouvaient
librement décider s’il leur convenait de faire partie, ou non, tout
au moins du Tribunal commun. 3 La plupart des villes paraissent
s’être à nouveau réunies à la Ligue. 4
Ceci eut lieu en l’an 184 à une époque où les Romains n’étaient
pas encore les maîtres de la Crète.
4 Polybe XXIII, 15. — 2 Polybe, 1. c. xeiô&évxeç ol Kpr\x<xi£Î<; exexpei|>av xà
xaSPaijToùç xoîç xEpl "Atijiiov. — 3 Polybe 1. c. %epi bè xrâv xaxù xcnvobíxtov ouvexcopr^oav
(oi Ttepi TÔv ’’Artmov) aùxoîç ßouXojAevon; pèv è^eîvav pexé'/eiv, ßouXopsvoic; bè xai
xoGx’ èî-eîvai. — 4 Niese III, 322.
7 — Publ. de l'Inst. Nobel norvégien. I.
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