159
L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
perrhébienne et Mondaia de la Ligue thessalienne. Dans ces condi
tions il faut admettre que l’arbitrage fut mis en œuvre, sinon sur
I initiative des deux ligues respectives, en tous cas avec leur auto
risation.
La dernière affaire d arbitrage citée est connue par une inscrip
tion trouvée à Corfou. C’est le cas aussi d une autre affaire d arbi
trage à peu près contemporaine, où 1 Etat des Athamans en Epire
était l’une des parties. Nous ne savons pas quelle était 1 autre .
Le différend portait sur un règlement de frontière. Les juges ont
été probablement choisis à Corcyre.
L’île de Samos depuis des temps reculés avait été en différend
avec la ville de Priène en Asie Mineure au sujet de deux régions
assez importantes avoisinant immédiatement le district de Priène 2 .
Ce différend avait déjà précédemment été 1 objet de deux décisions
arbitrales. Vers 283 le roi Lysimaque avait deux fois jugé 1 affaire.
II paraît avoir attribué à Samos l’une des régions disputées, celle
qu’on appelait le district batinétique, et à Priène l’autre région,
appelée Dryusie avec le château-fort de Karion. Peut-être aussi
plus tard des princes macédoniens ont ils été pris comme arbitres dans
ce différend qui ne prenait jamais fin, puisque Samos maintenait ses
prétentions sur Dryusie et Karion. En 188 l’envoyé romain Gn.
Manlius Volso fut arbitre dans le même différend ; il attribua à
Samos tout le pays disputé, mais il y a de fortes raisons de croire
qu’il reçut des présents des Samiens. Priène reprit encore l’affaire
peu de temps après et les parties tombèrent d’accord vers l’an 180
pour faire juger l’affaire par Rhodes. Le peuple Rhodien nomma
cinq juges ; ils devaient, d’après le compromis passé, parcourir toute
l’affaire, tracer les frontières et, ou bien mettre une transaction en
œuvre, ou bien rendre un jugement. Nous voyons les juges se livrer
à un examen minutieux du district disputé accompagnés par des
fondés de pouvoir des deux parties. Ceux-ci d’ailleurs étaient venus
1 n° LIII. - 5 n° XXXIV.