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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES
L’Amphictyonie pylaeo-delphienne comprenait, comme on le sait,
la plupart des peuples grecs, en tout 12, dont chacun avait ¡e droit
d’envoyer deux représentants, désignés sous le nom de Hiéromnémons,
aux deux assemblées du conseil qui se tenaient chaque année aux
Thermophyles et à Delphes. La plupart des voix appartenaient aux
peuples qui habitaient autour des Thermopyles. Ce point était le
domicile primitif de l’Amphictyonie, car Delphes n en devint le
second et le principal centre que beaucoup plus tara, sans doute
même, pas avant l’an 600. Plusieurs de ces peuples étaient petits
et sans importance, alors que les Etats plus puissants de la
Grèce méridionale n étaient que peu ou même pas du tout repré
sentés.
On a conservé 1 le serment que devaient prêter les hiéromnémons.
Il était ainsi conçu 2 : « Je jure de ne jamais détruire aucune des vil
les du corps des amphictyons, et de ne pas détourner le lit ou em
pêcher l’usage de leurs eaux courantes, ni en temps de paix ni en
temps de guerre, et si quelque peuple enfreint cette loi, je lui
déclarerai la guerre, et je détruirai ses villes. Que si quelqu’un pille
les richesses du Dieu, ou se rend complice en quelque manière de
ceux qui toucheront aux choses sacrées, ou les aide de ses conseils
je m’emploierai à en tirer vengeance de mes pieds, de mes mains,
de ma voix et de toutes mes forces. »
Dans cette formule de serment, issue des temps anciens, on trouve
comme en germe la compétence de l’Amphictyonie toute formulée.
Les participants s’engagent à quelques simples règles de droit des
gens, ainsi qu’à les faire respecter, et en même temps à veiller sur
le Dieu de l’Amphictyonie, c’est-à-dire Demeter Amphictyonis de
Anthela près des Thermopyles, et surtout aux temps historiques,
l’Apollon Delphien, ainsi qu’à protéger leurs trésors sacrés, leurs
propriétés, et les fêtes de leur culte.
En d’autres termes un certain nombre de peuples voisins se sont
1 Eschine De falsa leg. p. 284. - a Traduction dans Egger : Les traités publics
chez les Grecs et les Romains. Paris 1866 p. 22.