Full text: L' arbitrage international chez les Hellenes

174 
A. RÆDER 
violé certaines règles très simples du droit des gens, ou n’a pas 
respecté les divinités amphictyoniques, leurs biens ou leur culte. 
Il va de soi que les limites pouvaient être indécises, et l’on voit 
que le Conseil dans certaines situations données et dans certaines 
circonstances se sentit autorisé à étendre très largement ses limites, 
et, dans un sens, prit sur lui de parler au nom de toute la nation 
grecque. C’est sous cet angle qu’il faut envisager le monument qu’il 
fit élever aux héros des Thermopyles 1 et d’Artemisium 2 ainsi que 
l’exil qu’il infligea à Ephialtes 3 en châtiment de son crime contre la 
cause de l’Hellade aux Thermopyles. 
C’est surtout lorsqu’il s’agissait de questions de culte que l’on 
voit très incertaines les limites de ce que le Conseil, dans une cir 
constance donnée, considérait comme de sa compétence. C’est ainsi 
que nous voyons à l’époque de l’empereur Tibère 4 les Samiens in 
voquer un décret des Amphictyons en faveur du droit d’asile de 
leur temple de Junon 5 . De même aussi nous voyons le Conseil 
prendre des décisions en faveur des Collèges artistiques de Bacchus 6 . 
Il ne faut cependant pas se laisser entraîner par ces cas, à penser 
trop haut que le Conseil Amphictyonique était un tribunal. Ce sont 
surtout les auteurs romains qui ont eu des conceptions exagérées 
en ce sens. Tacite 7 parle du Conseil, comme d’un tribunal suprême 
de toutes affaires. Quintilien s envisage nettement le Conseil comme 
un tribunal de haut rang, où l’on pouvait être sûr, plus qu’ailleurs, 
d’obtenir un jugement juste. Et même un homme aussi bien informé 
que Strabon, considère, ainsi que nous l’avons dit, cette Assemblée 
comme un tribunal très ancien qui jugeait, en grand nombre, les 
1 Hérodote VII, 228. — 2 Pausanias X, 19, 1. — 8 Hérodote VII, 213. — 4 Tacite, 
ann. IV, 14 : Samii decreto Amphictyonum nitebantur, quis praecipuum fuit rerum 
omnium judicium qua tempestate Graeci conditis per Asiam urbibus ora maris 
potiebantur. — 6 Cauer, Pauly Realenc. I. 1909 croit qu’il faut y voir une déci 
sion compromissoire émanant des Amphictyons. — ° Bürgel, 1. c. p. 212. — 7 Ann. 
IV, 14: praecipuum rerum omnium judicium. — 8 Inst. orat. V, 10, 110—115.
	        
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.