A. RÆDER
tières 1 . Dans cette affaire nous voyons que les arbitres furent ex
pressément chargés d’élever les bornes. Nous retrouvons cela assez
souvent, par exemple dans le compromis entre Samos et Priène 2 ,
entre Hypathie et Erythrée 3 . Conformément à ceci nous voyons dans
une série de cas que les juges dressent les bornes du pays disputé.
Un autre point que nous voyons parfois dans un compromis,
c’est la question de savoir si ce tribunal d’arbitrage doit juger
strictement ou si son mandat comporte aussi d’essayer d’organiser
une conciliation entre les parties.
Les Hellènes prétendaient sans doute qu’un tribunal d’arbitrage
était par lui-même une institution munie du pouvoir de juger.
Elle devait donc juger 4 . Néanmoins il était très fréquent que dans
le compromis les parties donnaient au juge la mission de chercher
à organiser une conciliation 5 * . C’est sur ceci que se base la conven
tion entre Samos et Priène ; les arbitres reçurent la mission de faire
une enquête judiciaire des points en désaccord, de déterminer les
frontières et de rendre une sentence ou d’organiser une conciliation <! .
Dans le traité qui fut conclu entre les cinq villes lesbiennes, et où
il était entre autres décidé que les différends de frontières seraient
tranchés par l’arbitrage, il est supposé que le tribunal pouvait agir
aussi bien comme juge que comme conciliateur 7 . Lorsqu’Athènes et
Mégare tombèrent d’accord pour faire trancher le différend sur Sa-
lamine par l’arbitrage des Spartiates, Plutarque l’énonce en disant
qu’elles avaient pris les Spartiates comme conciliateurs et juges 8 .
Il est dans la nature de la chose que le tribunal d’arbitrage,
lorsqu’il essayait d’amener une conciliation était dépendant de ce que
1 n° LXXIII : óxóxepov öv xoúxcov btipcov eúpíôxr\xát xaóxt\v yá>pav
eiöyrpcevat, õxe etç xfjv (¡nXíav xoû bqpot) xoû ‘Pcopütcov xapayévexo, xat$xr\v xfjv
ycôpav ôticdc; aûxôn 7tpoçxpivr\ opta xe oxt)Ot¡. — 2 n° XXXIV, 3 : oï xtveç xptvoûvxt
xat ópí^ouvxi. — 3 n° LXIX. — 4 xpivetv, btaxpiveiv, x^v xpiôtv xoietG&at, àxocpàatv
btbôvat, àxoyatveo&àt. — 5 btaXùetv, etç oóXAuotv ayetv, ouAAùetv. — 0 n° XXXIV, 3 :
oï xtveç xptvoûvxt xat ópíSowxi xat àxocpatvoûvxt f| aoXXoooûvxt. — 7 n° XLVII : xà
btaXo&évxa ï\ xà xpt&évxa. — 8 Plut. Solon c. 10 : èxot^oatxo Aaxebatpovtou^ btaX-
Xaxxàc; xat btxaoxàç.