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A. RÆDER
bèrent d’accord pour faire trancher le différend par l’arbitrage et
sur la décision de l’assemblée du Conseil des Hellènes, les Argiens,
dont Cimole et Melos s’engagèrent tous deux à respecter le juge
ment, 1 furent nommés arbitres. Le jugement fut rendu en faveur
de Cimole. Le peuple tout entier paraît avoir fonctionné comme
arbitre, il était réuni en assemblée populaire.
La question de savoir à quelle époque on doit ramener cette in
scription dépend de celle de savoir çe que l’on doit comprendre par
l’Assemblée du Conseil des Hellènes dont il est ici question.
Schneidewin 2 voit dans cette assemblée le Conseil Amphictyo-
nique de Delphes, tandis que Lebas 3 croit y reconnaître l’Amphic
tyonie Argienne.
Bürgel 4 proteste contre cette interprétation et prétend qu’une
amphictyonie ne pouvait pas être désignée de cette manière ; il lu
semble qu’il s’agit de l’Assemblée de Corinthe en 416.
Sonne & place aussi l’inscription, d’après la forme scripturale, à une
époque postérieure et pense qu’il s’agit de l’Assemblée du Conseil
réunie à Corinthe par Philippe de Macédoine. Bérard 6 pense au
« Tribunal composé de tous les Grecs » que Philippe réunit en l’an
338 pour régler les différends antérieurs de l’Hellade, le même qui,
d’après ce que nous avons vu, 7 avait jugé le différend de frontières
entre les Lacédémoniens et les Mégalopolitains, de même qu’entre les
Lacédémoniens et les Messéniens. L’expression, employée dans l’in
scription, « d’Assemblée du Conseil des Hellènes » paraît plutôt dé
signer, comme Sonne le croit, l’Assemblée réunie à Corinthe par
Philippe, de ses alliés Hellènes. 8 Cette Assemblée n’aurait d’ailleurs
1 "Expive ó bâpoq ó tmv ’Apyeiœv xaxà xò òóxqpa xoû oovebpiou xrâv 'EWt^vcöv
ópoXoyqôávxoov MaXícov xai KipcoXícov èppevèv al xa bixáooaiev toi ’Apyeíot xepl xáv
váooov, Kipa>Xícov f\pev HoXuaiyav, ‘Exqpeíav, Aißsiav. ’Ebíxaaoav vixt^v KtpœXiovc;. —
2 Philologus IX (1864) p. 589. — 8 Revue archéol. XI, 2 p. 577. — 4 1. c. p. 205 9
- 5 1. c. p. 35. - 6 1. c. p. 41. - 7 nos XXVII et XXVIII. - 8 Comme appui de
cette opinion on pourrait songer à utiliser un récit que Diodore (XVII, 14)
donne du fait suivant : Alexandre le Grand après la conquête de Thèbes trans
téra à « L Assemblée Générale du Conseil des Grecs » la mission de décider les