115 —
Les sociétés coopératives de consommation ont, à un
certain moment, constitué une menace extrêmement
srave pour le commerce privé. Cela tint surtout à ce
qu’elles eurent avant celui-ci, non l’idée des achats en
commun, mais le sens pratique nécessaire pour la réa-
liser!. Mais aujourd’hui, leur puissance d’expansion
semble avoir considérablement reculé, comme ce que
nous avons dit plus haut permettait de le prévoir. Elles
maintiendront vraisemblablement leur position, et à
cela leur rôle d’instruments de politique révolutionnai-
re ne contribuera pas peu, mais leur rêve de mettre sur
le pavé tout le commerce de détail attendra sa réalisa-
tion jusqu’aux calendes grecques, alors même que les
scrupules qui, il y a vingt ans, empéchaient les gens
« bien » de recourir à leurs services se sont probable-
ment volatilisés ?. La guerre a opéré bien d’autres « mi-
racles »,
Le petit commerce, étonné de l'apparition des coopé-
ratives, est revenu de sa surpriseS. Il s’est organisé, il a
passé aux achats en commun. Toutefois, le danger des
coopératives étant non seulement commercial (et com-
me tel susceptible d’être écarté par les efforts du com-
t Cf. Brandenberger, loc. cit. p. 2.
* Le Dr. J. Steiger écrivait en 1908 (op. cit, p. 47): «Es
) gibt viele Leute, die aus natürlichem Gerechtigkeitsgefühl
à nicht einzusehen vermôgen, warum die Privatgeschäfte
» nicht vornehmlich von denen unterstützt werden sollen,
» die im Leben besser gestellt sind und die der durch die
» Konsumvereine gebotenen Vorteile nicht so bedürftig sind,
»m. a. W. für die man die Konsumvereine nicht geschaffen
» hat. »
3 P. Beuttner, op. cit, p. 13: «Die Revolution in der
» Wirtschaîtstechnik — das soll zugegeben werden —
p überraschte die kleinhändlerische Warenvermittlungs-
p tätigkeit. Die zôgernde Haltung des Kleinkaufmannsstandes
> beim Uebergang zur wirtschaftlichen Selbsthilfe leistete
» den besten Vorschub in der Entwicklung der wirtschaft-
»lichen Gegner. »