Metadata: L'Impôt foncier et la captation personelle sous le Bas-Empire et à l'époque franque

32 L’IMPOT FONCIER ET LA CAPITATION PERSONNELLE 
Jeux ou trois fois par an, un « service en deniers ou autrement, à ma 
volonté * ». Ce « service » est, au nom prés, la taille. 
Vers 928 des hommes sujets de Saint-Etienne de Dijon se plaignent que 
les prévôts-de cette église se permettent depuis peu, depuis le retrait des 
Normands, c’est-à-dire depuis trois années ?, d'exiger de treize colonges, 
à l’occasion et par force, « un certain genre de service en dehors du cens 
par eux dû légitimernent, à savoir un muid de moût de chacune des colonges 
assujetties à une redevance de vin, ce qui né s’était jamais fait du temps 
de leurs pères et aïeux ». Après enquête, Garnier, représentant de l'Eglise 
de Langres, dont dépendait Saint-Etienne de Dijon, reconnait que « ces 
gens ne doivent nullement aux vendanges un muid de moût sous prétexte 
d’eulogies 3 ». 
Et, sous Charlemagne déjà, les intendants Gudices) des domaines du 
roi exigeaient de la « familia » des labours, des coupes de bois et rece- 
vaient des dons : un cheval, un bœuf, une vache, un pourceau, une brebis, 
1n petit porc, un agneau. Le souverain n’autorise que le cadeau d’une 
pouteille, des légumes, des fruits, des poulets et des œufs *. 
En 858, les évêques de la province de Reims signalent au roi Louis, 
qui se pose en prétendant au royaume de France, que les intendants 
‘oyaux oppriment les serfs royaux en exigeant d’eux des redevances qui 
n’existaient pas antérieurement, ainsi des transports (angariae)en temps indu 
et les condamnaient (?) en usant de machinations dolosives ou de brières 
inconvenanies®, etc. °. 
Il est significatif que, même vis-à-vis de ces pauvres gens, le 
« service » qui leur est demandé revête, un instant du moins, la forme 
de prière. 
De plus il est faux que la taille ne se lève que sur les classes inférieures 
de la société. Les « aides féodales », perçues sur la classe noble des vas- 
aux, sont aussi des tailles et parfois elles portent ce nom”. Mais en 
{. CE plus haut, p. 122, note 3. 
2. Il semble qu’il s'agisse de la bataille de Mons Calaus du 6 décembre 925, où 
es Normands de Rôgnwald, battus par les comtes Garnier de Sens, Manassès de 
Dijon, les évêques Josselin de Langres et Anséis de Troyes, perdirent 800 hommes 
êt évacuèrent la Bourgogne. Voy. Ph. Lauer, Robert Ie et Raoul de Bourgogne, rois 
de France (1910), p. 33-34. 
3. Le texte, tiré du cartulaire de Saint-Etienne de Dijon, est publié par J. Flach, 
Les Origines de l’anciènne France, t. 1, p. 385-6. — Le terme d’eulogies s'entend 
d’un don. Il se retrouve dans la Vita Bathildis (c. 12) où il s’applique au don 
ipporté par des établissements ecclésiastiques au roi, à la reine, aux grands quand 
Is se rendent à la cour. Le roi Sigebert II remercie Didier. évêque de Cahors, de ses 
ulogiae. Voy. Waitz, II, 11, 247, note 1. 
1. Capitulare de villis, c. 3 (Boretius, I, p. 83). 
3. Capitularia, t. II, p. 437, C. 14. 
6. Cf. les exemples cités plus haut, p. 122, note 3. 
7. L'aide payée par le vassal à son seigneur se répercute comme taille sur les
	        
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