LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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Quel que soit l’appareil, ou le remplit à moitié de sable
à laver ou à essayer, et on le plonge ensuite dans l’eau.
Alors, on doit exécuter rapidement, en tenant la bâtée des
deux mains, une série de mouvements oscillatoires, à
droite et à gauche, en avant et en arrière, et quelquefois
faire tourner la bâtée dans l’eau sur elle-même, autour de
son axe vertical, tout en inclinant l’appareil à chaque
tour. L’eau entraîne peu à peu toutes les matières légères,
puis celles un peu plus lourdes, petits cailloux, grains de
quartz, etc. Toutes les matières inutiles ne tardent pas
à occuper seules la partie supérieure au fond de la bâtée.
En inclinant doucement celle-ci, elles s’échappent avec
l’eau, il ne reste bientôt plus que les matières les plus
lourdes, cailloux, grains de quartz, pyrites de fer, etc.,
et au fond les paillettes ou la poudre d’or, parfois, mais
plus rarement, des pépites.
Quand au fond de la bâtée il n’y a qu’une petite quan
tité de paillettes, d’aiguilles et de poudre d’or, on dit que
la terre est colorada, qu’elle montre la couleur ; si la quan
tité est appréciable, on dit que l’alluvion papa, paye bien.
Ce procédé des plus rudimentaires laisse échapper une
grande partie de l’or, car celui-ci est parfois si ténu, si fin
qu’il surnage pendant l’opération du lavage, ou bien il est
ù l’état si microscopique qu’il est entraîné avec les sables;
Pour obvier à cet inconvénient un orpailleur à peu près
équipé met du mercure au fond de son plat, le mercure
dissout l’or partout où il le rencontre et le restitue ensuite
Parla distillation. Malgré cet avantage la majorité des la
veurs d’or ne font pas usage de mercure.
Le lavage à la bâtée est très fatigant par suite de la
position accroupie que doit occuper le laveur, et le jeu
répété des muscles du bras. Il paraît qu’un bon laveur d’or
de métier, pratiquant depuis longtemps, peut laver jus