Full text : Le Pérou économique

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LE  PÉROU  ÉCONOMIQUE

de  noms  de  tribus  indiennes  qui,  suivant  les  géographes,
habiteraient  ces  régions.
Rien  n’est  moins  exact  ;  parmi  ces  tribus,  dont  l’existence ­
  avait  été  autrefois  révélée  par  quelque  missionnaire
ou  par  quelque  aventurier  ayant  pénétré  sur  leur  territoire,
:un  grand  nombre  n’existent  plus  aujourd’hui,  d’autres
n’ont  jamais  existé,  et  d’autres  encore  se  sont  vues  appliquer ­
  deux  ou  trois  noms  chacunes.  En  réalité,  c’est  un
fait  que  la  Montana  n’est  pas  aussi  peuplée  d’indiens  qu’on
le  croit  généralement  ;  il  est  difficile  de  donner  un  chiffre
exact  pour  une  région  encore  si  peu  explorée  et  d’une  si
grande  étendue,  mais  il  est  permis  de  croire  qu’il  n’existe
pas  plus  de  deux  cent  mille  Indiens  dans  toute  la  Montana
péruvienne,  et  dans  des  régions  entières,  les  autochtones
sont  destinés  à  disparaître  rapidement.  Il  est  vrai  que  ce
résultat  est  obtenu  par  les  luttes  entre  tribus  hostiles,  par
une  forte  mortalité  infantile,  et  aussi  par  les  razzias  sanglantes ­
  et  les  exactions  de  tous  genres  (correrias)  (1)  de
beaucoup  d’individus,  plus  ou  moins  blancs,  qui  s’intitulent ­
  civilisés  et  qui  le  sont  moins  que  leurs  victimes,
bandits  cosmopolites  qui  exploitent  la  Montana  à  leur
manière.
Les  Indiens  de  la  Montana  habitent  le  plus  souvent  les
bords  des  rivières  qui  sillonnent  cette  zone  ;  généralement
nomades,  ces  Indiens  sont  dit  mansos  (soumis)  lorsqu’ils
ont  des  rapports  plus  ou  moins  suivis  avec  les  blancs  ouïes
Quechuas  ;  ils  sont  dits  :  bravos  (féroces,  méchants)  lors-(1)
  Il  est  malheureusement  trop  certain  que  des  groupes  d’individus,
blancs  et  métis,  abusant  de  l’impuissanoe  des  autorités  trop  faibles  ou
trop  éloignées,  se  livrent  à  de  véritables  chasses  à  l’homme,  dans  le  but
de  capturer  des  femmes  et  surtout  de  jeunes  enfants,  pour  les  revendre
dans  les  haciendas  ou  les  exploitations,  où  ils  sont  soi-disant  adoptés  par
les  propriétaires,  mais  où  en  réalité  ils  ne  sont  le  plus  souvent  considérés ­
  que  comme  des  esclaves,  sous  le  nom  de  «  mucbachos  ».
            
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