Full text : Le Pérou économique

tées  sous  la  Répriblique,  les  impôts  sont  encore  fort  inégalement ­
  répartis,  et  les  Indiens  sont  toujours  ceux  qui
ont  encore  à  subir  les  plus  lourdes  charges.  Des  contributions ­
  injustes  sont  souvent  imposées  d’une  façon  arbitraire
par  les  préfets,  les  gouverneurs,  les  chefs  de  district,  et
parfois  aussi  par  d’autres  indigènes,  lorsque  ceux-ci  sont
parvenus  à  quelque  fonction  officielle.  En  outre,  le  malheureux ­
  Indien  peut  se  voir  arraché  à  sa  famille  pour  être
enrôlé  de  force  dans  l’armée.
Il  ne  faut  donc  pas  s’étonner  que  l’infortuné  Quechua,
voyant  les  autorités  prélever  une  lourde  dîme  sur  son
troupeau  qui  constitue  toute  sa  fortune,  ne  cherche  en
aucune  façon  à  augmenter  son  avoir,  craignant  toujours
un  prélèvement  plus  important.  Dans  cet  état  d’esprit,  le
Quechua  ne  peut  avoir  qu’un  goût  très  modéré  pour  le  travail, ­
  car  il  ne  cherche  à  produire  que  ce  qui  est  strictement ­
  nécessaire  à  son  alimentation  ;  celle-ci  se  compose
de  chalona  (mouton  sec),  de  cecina  (bœuf  salé),  et  plus
généralement  de  maïs  et  de  chuno  (pomme  de  terre  gelée
et  soigneusement  séchée).
Pour  fabriquer  le  chuno,  l’Indien  expose  pendant  plusieurs ­
  jours  des  pommes  de  terre  à  la  gelée  ;  ces  pommes
de  terre  sont  ensuite  lavées,  puis  séchées,  soit  devant  un
foyer,  soit  au  soleil.  La  pulpe  est  ensuite  broyée  et  la
farine  grossière  ainsi  obtenue  est  conservée  dans  des  sacs
en  cuir  fermant  hermétiquement.  Cette  farine  et  quelques
lanières  de  charqui  (bande  de  viande  séchée  au  soleil)
sontles  aliments  les  plus  nutritifs  et  les  moins  volumineux,
ce  sont  les  provisions  dont  tout  voyageur  devra  se
munir  abondamment.  Ce  mets  devient  des  plus  substantiels ­
  lorsqu’on  y  ajoute  quelques  bananes  ou  des  tranches
de  manioc.
En  voyage,  l’Indien  quechua  est  très  sobre  :  quelques
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.