LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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de ce qu’ils devraient produire, en raison de la manière
dont on les prépare pour l’amalgamation. La méthode
presque uniquement employée est celle du patio.
Aussitôt après son extraction, le minerai est amené dans
des moulins où il est broyé par des meules mues par des
roues hydrauliques. Une fois broyé, le minerai est trans
porté dans une sorte de cour pavée nommée patio ou
buitron, où il est essayé pour en apprécier le rendement.
Ceci fait, il est étendu sur le sol et on y ajoute une cer
taine quantité de sel, suivant sa richesse, de la terre et du
mercure ; après cela commence l’opération dite del hormi-
gueiro (fourmillement). L’opération consiste à lancer un
certain nombre de chevaux qui pétrissent le minerai avec
leurs sabots ; après on ajoute du mercure s’il est néces
saire, et l’amalgame se fait de la même manière en le
mélangeant avec de la chaux, de la boue, etc., pour modifier
son état.
Ce travail d’amalgame est des plus pénibles pour les
pauvres chevaux (1) ; il dure trois ou quatre jours, après
lesquels le mélange étant complet, on le laisse reposer
pendant deux mois. Au bout de ce temps, on met cette pâte
dans une sorte d’entonnoir, dont le fond est formé par des
tamis de crin. L’eau terreuse s’égoutte peu à peu, la
Pella,, c’est ainsi que l’on nomme l’amalgame, reste à sec
sur les crins, d’où il est transporté dans des creusets
d argile munis d’un tube de fer ou d’un simple canon de
lusil dont le bout plonge dans un vase plein d’eau. On
ahaufïe, le mercure s’évapore par le canon, et l’argent pur
reste au fond des creusets.
(!) La nourriture d’un âne, d’un cheval ou d’un mulet revient encore
aujourd’hui à 1 fr. 50 par jour. Le salaire d’un ouvrier indien est de
francs par jour. Après dix à douze jours de travail, les chevaux sont
e lement épuisés qu’il leur faut deux mois de repos pour se remettre de
leurs fatigues.