Metadata: Le Pérou économique

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LE PÉROU ÉCONOMIQUE 
sacramentelle des Indiens quechuas. « Mana ti ancho » 
(je n’en ai pas) ; ou « No hay senor » (il n’y a rien). Quoi 
que l’on demande, c’est la réponse de l’Indien qui ne veut 
rien donner. 
Le mieux est de ne rien demander qu’après avoir engagé 
une conversation banale et d’offrir un trago, gorgée d’eau- 
de-vie, à l’Indien, qui, rassuré, s’empressera de mettre ce 
qu’il possède à votre disposition. 
Quelques voyageurs peuvent avoir une opinion moins 
bienveillante sur le caractère des Péruviens. Quant à 
nous, nous sommes heureux de répéter que cette hospita 
lité nous a été douce au cœur ; loin du sol natal, elle est 
plus appréciable. 
On est souvent étonné de se voir reçu avec tant 
d’égards et de générosité par des inconnus qui vous 
voient pour la première et le plus souvent pour la dernière 
fois. 
Les Péruviens, de toutes les conditions, ont des 
mœurs excessivement douces, ce qui fait que certains 
voyageurs ont pu représenter le Pérou comme une nation 
sans courage. Cette opinion nous paraît être une gravé" 
erreur, car nous avons eu l’occasion d’apprécier la valeur 
de beaucoup de Péruviens dans des circonstances où la 
bravoure et le courage ne sauraient être contestés. 
Il n’en est pas moins vrai, que hors des grands centres, 
les rixes et les meurtres sont rares, et dans ce dernier 
cas, ils sont le plus souvent commis par des étrangers, 
V. — Ce sont là les qualités des Péruviens ; il est 
regrettable que, par contraste, il faille exposer un cer- 
nombre de vices ou de défauts. On peut leur reprocher 
entre autres, surtout dans les villes éloignées, des mœurs 
administratives, religieuses, commerciales, politiques, qui 
chez nous, seraient entachées de vénalité et d’improbité ;
	        
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