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quer le fait que, plus qu'aucune autre, la classe des
commerçants est mise en coupe réglée par des taxes et
impôts de toutes sortes‘. Ceux dont l’équilibre budgé-
taire est si gravement troublé par l’intervention de l'Etat
peuvent légitimement demander que l'Etat fasse pour
eux quelque chose en retour.
Ce qui importe, c’est le progrès. Il est après tout se-
condaire qu’il soit réalisé par l'Etat ou par d'autres que
lui si seulement il est réalisé. Mais nous avons tenu à
démontrer que le progrès dont on charge l'Etat ne se
réalise guère et produit une foule de maux pour peu de
biens. Ce sera donc à eux-mêmes que les détaillants
demanderont l’amélioration de la situation de leur grou-
pe social et économique.
1 A. Blum, dans le Détaillant de l’Est du 25 décembre 1928,
page 1, en note :
« Signalons enfin pour finir, ce tableau peu réjouissant,
p l’entrave apportée par une fiscalité excessive. La lourdeur
» des impôts locaux en Alsace et en Lorraine, la taxe de luxe
» sont des hérésies fiscales, qui tuent le commerce de détail. »
2 V. le livre de Bernhard Pfister : Die Entwicklung zum
Idealtypus (Tübingen, 1928, Verlag Mohr), p. 47, où il cite
l’évolution des idées de l’économiste allemand Schmoller, tel
qu’il apparaît dans le livre de celui-ci, paru en 1870 et inti-
tulé : Zur Geschichte des deutschen Kleingewerbes im 19.
Jahrhundert. Le passage intéressant est celui-ci :
«Es verwandeln sich ihm (Schmoller) frühere Abstraktio-
»nen in konkrete Unterscheidungen, wobei die Reformen
» als die Hauptsache erscheinen und nicht die Frage, ob sie
» der Staat oder die Gesellschaft in die Hand zu nehmen ha-
» ben.» (Ce sont les paroles mêmes de Schmoller, d’abord
adepte du libéralisme pur.)