LE PROHLÈME DE LA MARINE MARCHANDE.
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ment ou commercialement, aucune raison d’etre séparées.
Chantenay peut échaïujer avec Nantes la bague d’Iiymé-
née ; comme dans les ménages unis, la prospérité de Tune
fera le bonheur de l’autre, de même que la ruine de l’une
consommerait celle de l’autre. Les industriels et les com
merçants de Chantenay le sentent d’ailleurs si bien qu’ils ne
cessent de réclamer la jonction de leur commune à leur
grande voisine.
Les Chantiers Nantais de Chantenay surgirent en cpiel-
ques mois d’un marais où il fallut, pour les asseoir, rem
blayer 70,000 mètres cubes de sable. Leur directeur,
M. Tuauden — précédemment attaché à la Société des Ate
liers et Chantiers de la Loire — est un Breton d’allure
fruste, taillé en hercule, volontaire et têtu comme ceux de
sa race, mais homme pratique, et entendu comme pas un en
matière de construction maritime commerciale. Avec cela,
d’une activité prodigieuse. Sous sa direction, les chantiers,
fondés le 27 avril 1899, lançaient moins d’un an après, le
i5 mars 1900, leur premier voilier. En dix mois et demi, les
marais avaient été comblés; les bâtiments administratifs,
magasins et forges élevés; les calés construites; les machines
installées ; les matières premières trouvées ; le personnel
recruté ; l’installation et la productivité de cet organisme
compliqué et délicat qu’est un chantier moderne de cons
tructions navales, assurées.
Ce fut un tour de force d’autant plus remarquable que
l’aménagement des Chantiers Nantais ne laisse rien à dési
rer. L’idée maîtresse qui a présidé à leur installation con
siste à éviter toute manutention inutile des matériaux à tra
vers les ateliers ; un embranchement du chemin de fer de
l’Orléans amène les bois, les tôles, les cornières, le charbon,
les pièces fondues au parc à matières que la voie ferrée tra
verse de long en large ; les matériaux arrivant des usines