Full text : Le problème de la marine marchande

rROBL.  .MARCH.

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LfeS  CHANTIERS  FRANÇAIS.  ig3
A  La  Ciotat,  la  Compagnie  des  Messageries  maritimes  travaille ­
  surtout  pour  son  propre  compte.  Elle  construit  pour
ses  lignes  des  paquebots  luxueux  :  VJinnam,  le  Pacifique,
l’Atlantique  ;  cependant,  la  Hotte  commerciale  ne  saurait
attendre  un  grand  secours  de  ses  chantiers  (*),  qui  ne  sont
pas  organisés  pour  produire  économiquement.
A  Port-de-Bouc,  les  chantiers  et  ateliers  de  Provence  témoignent ­
  d’une  activité  très  grande,  mais  sont  trop  récemment ­
  établis  pour  qu’on  puisse  porter  sur  leur  production
future  un  jugement  certain.
Le  port  de  Cette,  rival  de  Barcelone,  admirablement  placé
pour  devenir  un  centre  important  de  construction  navale  —
car  il  se  trouve  à  portée,  par  mer,  des  minerais  d’Espagne,
d’Italie,  de  Grèce  et  d’Algérie,  par  chemin  de  l'er  des  minerais ­
  des  Pyrénées  et  des  Corbières,  et  des  houillères  du
Gard,  de  l’Hérault,  du  Tarn  et  de  l’Aveyron  —  ne  développera ­
  cette  branche  de  son  industrie  qu’après  l’installation
des  usines  Schneider.
A  Bordeaux,  sur  les  quatre  chantiers  de  constructions
navales  existants,  le  premier  et  plus  important  de  ces  établissements ­
  —  les  Chantiers  et  ateliers  de  la  Gironde  —  où
un  millier  d’ouvriers  trouvent  du  travail,  ne  construit  que
des  navires  de  guerre  ;  le  chantier  de  la  Société  Dijle  et  Bacalan,
  qui  vient  ensuite,  travaille  au  moins  autant  pour  les
compagnies  des  chemins  de  1er  que  pour  la  navigation  ;  le
troisième,  le  chantier  Labat  et  Limousin,  lance  surtout
des  navires  de  bois  de  faible  tonnage  ;  quant  aux  Chantiers
maritimes  de  Bordeaux,  situés  dans  le  quartier  de  Bacalan,

(i)  La  Ciotat  et  La  Seyne  font  honneur  à  notre  industrie  pour  la  qualité  supérieure
des  navires  qu’ils  lancent.  Sir  Charles  Dilke  a  émis  sur  eux  l’opinion  suivante  :
«  La  Seyne  et  La  Ciotat  construisent  les  meilleurs  navires  qui  existent,  malgré  le
désavantage  naturel  de  leur  situation.  Ces  chantiers  n’ont  ni  charbon,  ni  matières  premières, ­
  ni  main-d’œuvre  à  bon  marché  et  si  néanmoins  ils  arrivent  à  de  bons  résultats  ;
ceux-ci  sont  dus  au  talent  dont  les  Français  ont  lait  preuve.  »
            
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