LA QUESTION OUVRIERE. 34?
chantiers, qui possèdent, en dehors de leur établissement à
Nantes, Saint-Nazaire, la Seyne ou le Havre, des installa
tions somptueuses et fort chères à Paris.
La supériorité des chantiers anglais n’a donc rien d’inex
plicable ; elle est lo(jique et résulte tout naturellement d’un
euchaînement de circonstances et de causes.
♦
* *
Mais parmi les qualités que nous sommes obligés de re
connaître à l’industrie anglaise, il en est que, dans une cer
taine mesure, nous pouvons acquérir.
L’avantage primordial de la construction britannique ré
side, nous l’avons vu, dans le bon marché de la matière
première. Sans espérer voir s’établir les cours anglais, nous
pouvons escompter cependant d’une meilleure utilisation
de nos richesses naturelles, de l’emploi généralisé de l’éner
gie électrique, de l’augmentation du rendement de nos
houillères et de la concurrence des charbons américains
avec les houilles anglaises, une amélioration sérieuse dans
notre situation. La production de la houille augmente cons
tamment en France : un déposant à la commission extra-
parlementaire, M. Agniel, disait que le Pas-de-Calais, qui
produit i8 millions de tonnes de houille par an, pourrait en
extraire de 25 à 3o millions. Ce bassin possède un dépôt sus
ceptible de Iburnir annuellement 3o millions de tonnes pen
dant plusieurs siècles ! Quant aux minerais non exploités, ils
abondent littéralement dans certaines régions, notamment
dans les Pyrénées. L’amélioration des voies navigables pour
rait à bref délai en permettre l’extraction et le traitement .
, D’ailleurs le développement de nos chantiers français ne
peut pas être arreté par cette seule différence dans la valeur