Full text: L' arbitrage international chez les Hellenes

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L’ARBITRAGE INTERNATIONAL CHEZ LES HELLÈNES 
devenue un Etat complètement indépendant. Parmi celles-ci, il y avait 
la ville et l’île de Leucade. Leucade avait certainement été à l’ori 
gine fondée par Corinthe, mais à l’époque où Périandre dominait 
à la fois Corinthe et Corcyre, les Corcyréens s’étaient aussi établis 
à Leucade. 
Au sujet de cette possession, un différend s’éleva entre les 
deux Etats, sans que l’on connaisse d’une façon plus précise, 
les circonstances, et les points qui étaient particulièrement en 
discussion. 
Thémistocle fut choisi par les parties comme arbitre et son juge 
ment détermina : que les Corinthiens devaient payer une amende 
de 20 talents et que Leucade continuerait à être une possession 
commune 1 . Le jugement ayant été considéré par les Corcyréens 
comme un avantage dont ils avaient lieu d’être reconnaissants à 
Thémistocle 2 , il faut bien admettre que les Corinthiens avaient du 
réclamer la possession de Leucade pour eux seuls. L’amende im 
posée à Corinthe est sans doute une indemnité pour certaines pertes 
économiques qu’auraient souffertes, pendant tout ceci, Corcyre ou 
plutôt des citoyens de cet Etat. Il est difficile de déterminer d’une 
façon précise l’époque de ce jugement d’arbitrage ; il semble qu’il 
faille chercher la raison du choix de Thémistocle comme arbitre 
dans la considération qu’il s’était acquise par la bataille de Salamine. 
M. Bérard 3 place ce jugement entre les années 479 et 471. 
E. Sonne 4 se contente de le fixer à une époque en tout cas anté 
rieure à 468. 
Il semble cependant un peu difficile d’expliquer pourquoi les 
Corinthiens qui, pendant toute la campagne contre Xerxès, s’étaient 
1 Plutarque : Thém.c. 24 : yevopevo;; yàp aùxcov (xcov Kepxupaírav) %pô<; KopvvîKoui; 
RXÔVTCov ¡Mcupopàv ëXucse rrjv ë/Opav eïxooi xáXavxa xpívaç xoùç KopivSKou:; xaxaßaXexv xcù 
Aeoxáòa xotvr\ vépetv àpcpoxépœv axcnxov. — 2 Quand Thucydide I, 136, d’accord 
avec Plutarque Them. c. 24, appelle Thémistocle le bienfaiteur de Corcyre, il vise 
certainement cet arbitrage, comme Plutarque le fait aussi. Le Scholiaste présente 
pourtant une autre explication de ce passage de Thucydide, mais elle paraît moins 
naturelle. — 8 1. c. p 19. — 4 1. c. p. 10.
	        
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