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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
Il existe aussi plusieurs espèces de fourmiliers ou ta-
manduas ; l’un, connu improprement sous le nom de
oso hormiguero (ours fourmilier), atteint très souvent
une assez forte taille, et quoique d’allure lente et débon_
naire, il ne craint pas, lorsqu’il est attaqué, de se mesurer
avec le jaguar, auquel il fait de terribles blessures à
l’aide de ses grands ongles fouilleurs ; cet animal vit sur
tout de fourmis.
Le tapir porte au Pérou les mêmes noms qu’au Brésil
et au Paraguay, il s’appelle anta, vaca del monte, gran
bestia, M'borebi, selon chaque peuplade indienne qui le
traque sans relâche. C’est l’animal le plus fort de la faune
sud-américaine ; d’un naturel très timide, il fuit au
moindre bruit, droit devant lui en cassant tout sur son
passage. Il affectionne plus particulièrement les endroits
marécageux et la proximité des rivières. Cet animal est
susceptible d’être apprivoisé et on en trouve souvent dans
les établissements ou les villages indiens de la Montana,
errant en liberté dans les enclos ou autour des habita
tions. On a dit que la chair de cet animal avait des vertus
purgatives, c’est là une erreur ou une exagération ; cette
chair est très comestible et a le goût de celle du bœuf,
à peine un peu plus coriace.
Il existe aussi des cerfs, des daims, des chevreuils de
diverses variétés ; plusieurs espèces de cochons sauvages,
dont le pécari qui vit en bande nombreuse ; la chair de ce
petit sanglier est excellente, mais la chasse en est parfois
dangereuse. On trouve aussi plusieurs espèces de tatous,
animal bizarre, recouvert d’une sorte de cuirasse en
forme d’écaille, il vit dans des terriers qu’il creuse avec
une extrême rapidité. L’aï ou paresseux ressemble à un
singe muni de longues pattes, armées de griffes longues
et recourbées, ce qui l’oblige à msrcher avec lenteur ; ces