LA BELGIQUE INDUSTRIELLE
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les deux grandes classes qui se trouvent aujourd liui
en présence dans l’œuvre de la production : les capi
talistes et les salariés. Les producteurs d’alors étaient
propriétaires de leurs outils. C’étaient, pour la plu
part, des agriculteurs, qui ne s’adonnaient au travail
industriel que pendant la morte saison.
Mais bientôt cet état de choses se transforme. Les
moyens de production sont fournis par des personnes
qui ne se livrent plus elles-mêmes au travail. C’est la
naissance du capitalisme. Dès la fin du XVIII e siècle,
on peut en surprendre les premiers symptômes.
Des marchands de houille, font des avances aux
parchonniers, et se rendent lentement propriétaires des
mines. Des fabricants font travailler à domicile, et
amassent des capitaux qui leur permettront bientôt
d’ériger, à Verviers notamment, de grandes fabriques,
donnant du travail à des centaines d’ouvriers.
L’évolution s’est poursuivie, et aujourd’hui (en 1896) une
armée de 842,000 ouvriers travaille dans les entreprises
dont les propriétaires lui sont généralement inconnus.
(40 % sont occupés dans les sociétés par actions). (1)
« Ainsi, dit Waxweiler, le centre de gravité de
l'entreprise industrielle est absolument dévié du côté
des entreprises appartenant « à des gens » pour repren
dre la rude expression de Germinal » (2).
Le divorce entre 1’employeur de main-d’œuvre, qui
fournit les capitaux et l’ouvrier, qui apporte la colla-
(4) Recensement industriel. 1S96, 1. c. p. 137.
(2) Waxweii.er : Quelques pages de notre évolution industrielle. Ex
trait de la « Patrie Belge », p. 7.