94
LE PÉROU ÉCONOMIQUE
plus pauvre des villes péruviennes. La cathédrale, dorée
à l’intérieur, est d’assez bel aspect.
Le climat est vraiment tempéré, le thermomètre signale
une température minima de 12° et de 24° maximum.
La principale richesse consiste en mines d’argent. Ses
richesses végétales ne sont pas très importantes sur les
plateaux ; on y peut cependant faire de l’élevage ; toutes
les céréales y viennent très bien, car il ne gèle pas ; en
outre, les vallées, toujours plus chaudes, produisent tous
les fruits et plantes des tropiques. Le cactus ou figuier de
Barbarie y est aussi très abondant, trop même. On
observe, dans ce département, de nombreux cas de cécité.
Lorsque la ligne de Lima à la Oroya atteindra Ayacu-
cho, cette ville pourra tirer meilleur parti de ses mines,
et des riches forêts de la province de Huanta. Ce prolon
gement vient d’être voté par les Chambres, il reste à
passer à l’exécution. La ville est séparée de Lima par une
distance de moins de 1.000 kilomètres et se trouve exacte
ment placée à distance égale de Cuzco et de la capitale.
XV. — Abancay est le plus petit chef-lieu des dépar
tements péruviens; c’est en effet un des moins peuplés. S*
population de 4 ou 5.000 habitants est composée de nom'
breux planteurs dont les exploitations s’étendent dans les
riches vallées environnantes. La canne à sucre fait l’objet
de la principale culture ; on en tire la mélasse et une cer'
taine eau-de-vie appelée canazo qui trouvent d’excellents
débouchés dans les départements voisins. Abançay, capi'
taie du département d’Apurimac, est située à 170 kilomètres
à l’ouest de Cuzco sur le chemin qui conduit à Andahuaü aS
et à Ayacucho. Pour permettre à ce département d’ex
ploiter les forêts qui s’étendent sur les bords de l’Apurima 0
et de ses affluents, ilfaudraitde bonnes routes qui manquent
malheureusement et manqueront longtemps encore.