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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
Ces deux villes superposées ne sont pas d’un bel aspect,
mais le contraste est tellement frappant qu’il impres
sionne. C’est ainsi que nous admirons l’église de la Merced,
dont la cour intérieure a voulu ressembler à celle de l’Al-
cazar; celle de Santo-Domingo, construite, non pas sur
l’emplacement, mais sur le temple même du Soleil. Toutes
les constructions, d’origine incaïque, sont rectilignes, elles
s’étendent sur plus de trois kilomètres ; seul le temple du
Soleil est bâti en fer à cheval.
Mais ce n’est pas dans la ville seulement que s’est
affirmée la science etl’activité merveilleuse des travailleurs
incas ; à une courte distance en dehors de Cuzco, le voya
geur qui s’est fait accompagner d’un guide est saisi d’ad
miration à la vue des monuments gigantesques, des admi
rables vestiges qui s’élèvent de toutes parts ; on éprouve en
même temps un sentiment de respect pour la race remar
quable qui a fourni cet effort grandiose.
Ce qui tout d’abord attire l’attention, c’est une colline
de 200 mètres dominant Cuzco au nord, l’un des côtés est
abrupt et inaccessible ; de l’autre s’élève le fort cyclopéen
de Sacsay-Huaman; sa longueur est de 350 mètres, et
sur cette surface s’élèvent trois murs d’enceinte de
5 mètres de hauteur. Dans ces murs se trouvent creusées
des niches dans lesquelles devaient s’abriter les senti
nelles. Ces fortifications sont fort imposantes et, à
l’époque, devaient être absolument imprenables. Mais ce
qui est surtout admirable, ce sont les pierres qui ser
virent à édifier cette construction gigantesque. Quelques-
unes pèsent 15 et 20 tonnes, et l’on se demande avec stupé
faction comment les artisans incas, qui ne connaissaient
certainement pas les moyens dont nous disposons aujour
d’hui pour soulever les poids lourds, ont pu mouvoir des
blocs qui mesurent 4 et 5 mètres de hauteur. De quels ins