LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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plus haut que sont conduits les chevaux et mulets volés en
territoire péruvien ; d’un autre côté, on amène à Piura
les bêtes à cornes volées à Lojas (Equateur). Ces vols de
troupeaux augmentent toujours à l’approche des foires
qui ont lieu annuellement à Lojas, Sabiando, Santa Rosa,
Gatacacha et autres localités de l’Equateur proches de la
frontière péruvienne.
Cette plaie de Vabigateo, — ainsi nomme-t-on là-bas le
vol du bétail, est une véritable maladie qui sévit sur toute
cette partie de la frontière ; elle est favorisée par l’ar
ticle 881 du code civil équatorien, qui ne reconnaît pas
aux propriétaires de biens meubles volés le droit de les
revendiquer, si leur possesseur les a acquis dans une
foire. Contre le paiement d’une petite redevance, les mu
nicipalités des localités où les foires ont lieu, apposent une
marque aux animaux vendus ; l’achat ainsi régularisé, il
est impossible aux propriétaires du bétail de le récupérer,
même lorsqu’ils fourniraient la preuve qu’il leur a été
volé.
Les chevaux de Piura ne sont pas très beatix ni très
ra pides, mais en échange ils ont les qualités indispensables
nnx contrées où ils sont appelés à rendre des services ;
°n peut vanter avec raison leur sûreté de pied, leur résis
tance à la fatigue et leur sobriété.
Le département de Piura a été longtemps considéré
comme un des plus pauvres du Pérou au point de vue mi-
mer , 0 n y rencontre cependant des gisements nombreux,
’ culVr e, or, argent, plomb, soufre et surtout du charbon
et du pétrole ; comme on le verra dans le chapitre consacré
UUX mines > ce dernier produit est exploité sur une grande
cchelle par plusieurs compagnies importantes.
' La région de Lambayeque n’a été élevée au rang
e département que vers 1890; les produ étions de ce dé