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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
séparerait la faune et la flore, les eaux et les vents de
deux mondes différents.
II. — Avec ses plateaux dont plusieurs sont d’une éten
due considérable, situés à des altitudes variant de 2.000 à
4.000 mètres au-dessus du niveau de la mer, comme celui
de Titicaca, la Sierra forme comme un pays neutre élevé
par la nature au centre du Pérou, entre l’Océan Pacifique
et les plaines immenses du bassin de l’Amazone.
Par suite de son élévation excessive, jointe à sa proxi
mité de l’équateur, cette région a un climat très particu
lier. C’est ainsi qu’on y observe des changements de
température subits et violents, des tempêtes et des orages
tellement forts et redoutables qu’ils mettent des convois en
péril ; malgré le voisinage des tropiques, on y peut voir des
montagnes couvertes de glaciers et de neiges éternelles, à
côté de pics moins élevés, dont l’aspect est morne et dénudé.
III. — Sur certains plateaux plus élevés, on est brûlé
par le soleil au milieu du jour, et le soir on gèle parfois si
certains vents se sont mis à souffler. Cependant, on
aurait tort de croire que sur les grands plateaux la tem
pérature soit difficile à supporter ; à part les variations
pénibles par leur fréquence, la chaleur ni le froid ne sont
jamais excessifs, l’air y est très vif et très pur, sans
brouillard d’aucune sorte, les pluies ne tombent avec force
que pendant trois mois de l’année.
La Sierra se divise en deux régions naturelles, la Sierra
proprement dite et la Puna. La Sierra proprement dite est
une région excellente où les Européens s’acclimatent fort
bien; les maladies de foie, la dysenterie et les fièvres en
démiques ou épidémiques y sont inconnues ; en revanche,
on y est sujet à une oppression de poitrine dont nous avons
déjà parlé, connue sous le nom de soroche, puna et veta.
A partir des premières élévations et jusqu’à une altitude