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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
communication. Leur insuffisance est telle que la zone tempérée
de la Sierra, qui pourrait fournir en abondance toutes
les céréales, car partout le sol est couvert d’une énorme
couche d’humus ne peut servir à approvisionner les habitants
de la Costa, qui doivent acheter leurs farines au Chili.
VIII. — L’agriculture s’exerce toujours au moyen d’un
outillage des plus primitifs ; cependant on récolte d’énormes
quantités de luzerne, d’escourgeon, d’orge et d’avoine ; la
luzerne vaut, toute fauchée, 8 centimes l’arroba (16 kilogr.
300). L’industrie des fourrages comprimés pourrait se
développer dans les régions traversées par le chemin de
fer central.
Le maïs et le blé font l’objet de cultures assez importantes,
surtout dans le département de Cuzco ; le maïs de
cette région est aussi renommé que le maïs de la montana,
dit chuncho (sauvage) qui se récolte quatre mois après
avoir été semé ; il en est de même des blés de qualité supérieure
de Huamachuco et de Torata. Malheureusement,
faute de pouvoir les transporter dans les centres de consommation,
on doit négliger l’exploitation de ces produits,
qui, dans l’avenir, amèneront l’aisance et le bien-être.
Pour l’instant, les habitants ne cultivent que les plantes
et les céréales indispensables à leur alimentation et à
l’approvisionnement des principales agglomérations. Ils
récoltent aussi le quinua-quinua (1), plante indigène qui
ne se rencontre que dans cette zone ; c’est paraît-il un des
aliments les plus complets et les plus nutritifs qui
existent ; les indigènes en mangent les graines en potage
ou en gâteaux ; les feuilles sont aussi comestibles et se
mangent comme les épinards.
On connaît des quinuas de diverses couleurs, des
(1) Chenopodium quinoa.